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DVD

EXPERIENCE[S] 02

IMAGINA TRIPS

Volume 3
Par Cécile GIRAUD

A PROPOS : Parallèlement, les festivals Imagina et Némo continuent leur bout de chemin dans ce qu’ils appellent respectivement les « nouvelles images » et le « virtuel ». L’un, Némo, propose une sélection basée sur une conception des nouvelles images, plus philosophique que technique, l’autre, Imagina, se porte exclusivement sur l’image en 3D. A l’idée s’oppose la technique, et c’est ce que l’on découvre encore une fois dans les deux nouveaux dvd édités pour les éditions 2005 pour Imagina et 2006 pour Némo.



Alors que le festival Némo n’est cité qu’en exergue sur la jaquette du DVD intitulé Expérience[s] (édité par la revue Repérages), Imagina est directement visible sur celle d’Imagina Trips. Expériences, Trips, deux termes presque synonymes qui révèlent pourtant une différence d’approche du contenu. L’un se rapprocherait plutôt de l’étrange, de l’unique, du jamais vu, alors que l’autre serait plutôt voisin d’un plaisir non coupable, d’un spectateur qui ne cherche pas la nouveauté, mais plutôt la quantité, l’assurance de trouver dans ces films une délectation déjà connue.

Tout est dans le titre. Alors que l’on découvre dans Expérience[s] des images aussi différentes que de la 3D (90° de trois élèves de Supinfocom), du bidouillage réussi (Carlitopolis de Luis Nieto), de l’hybride (City Paradise de Gaëlle Denis), Imagina Trips se concentre sur la 3D. Et lorsque l’inventivité prime sur la technique (par ailleurs toujours parfaite) chez Némo, force est de constater que le souci de la technique nuit souvent aux films d’Imagina, délaissant parfois le scénario au profit d’une soi-disante performance.

On peut y trouver des raisons, la principale étant que les films de Némo sont réalisés par des réalisateurs et des studios indépendants, alors que les films d’Imagina sont essentiellement issus des grandes écoles de 3D, au premier rang desquelles Supinfocom (que l’on retrouve sur Expérience[s] avec 90°), qui bénéficie de pas moins de 9 films (6+3 en bonus) sur 20 proposés. Egalement au programme : l’EESA, les Gobelins, Emile Cohl, et quelques écoles étrangères de manière éparse. On est alors étonné de voir Plasticat produit par Autour de Minuit (la boîte de prod de Nicolas Schmerkin, directeur de la rédaction de Repérages, éditeur du dvd Expérience[s]...) ou Merveilleusement Gris de Mikros Image. Ainsi, on peut s’enorgueillir d’avoir, en France, certaines des meilleures écoles d’animation, mais déplorer d’une part le manque non pas d’imagination, mais de diversité des scénarios et des concepts, et d’autre part le fait que seules les écoles ont les moyens techniques et financiers de réaliser des films en 3D, alors que les producteurs indépendants peinent à trouver l’argent et le temps nécessaires. L’image de synthèse est chère et est malheureusement relativement mal utilisée.