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L’ANIMATION EN FORCE
Par Cécile GIRAUD

Le temps où l’on attendait fébrilement le Disney de noël pour voir un peu d’animation est révolu. Disney est au musée, et on pourra voir bien avant les fêtes de fin d’année pas moins de sept films d’animation.



Mais ce n’est pas le plus étonnant au regard de la diversité de ce qui nous est proposé. Courts et longs métrages, pour enfants ou public averti, du Japon au Danemark en passant par la France et, bien sûr, les Etats-Unis. Les Histoires du coin de la rue d’Osamu Tezuka proposent trois films, de 18 secondes à 38 minutes, où l’imaginaire bute sur le politique, comme dans La Sirène, dans lequel un pêcheur s’éprend d’une sirène. Ceux qui l’entourent ne voient pourtant qu’un poisson, ce qui amènera le pauvre pêcheur devant les tribunaux, et jusqu’en prison pour avoir défendu ses rêves. Esthétiquement, on est loin de ce qui fit son succès, le Roi Léo et autre Astro Boy. Pourtant, on retrouve l’arrondi des yeux de ses héros, et surtout un souci de liberté et du droit à la poésie, que défendent aussi Grégoire Solotareff et Serge Elisalde avec U.

Après Loulou et autres loups, U est le second film de Grégoire Solotareff, célèbre illustrateur de livres pour enfants. Là ou Loulou était simplement inspiré des ouvrages du dessinateur, U est un projet original pour le cinéma, où U, une licorne aux cheveux longs, devient l’amie et l’ange gardien d’une princesse au château en ruines. On suit l’évolution de la jeune princesse découvrant l’amour, avant que U ne disparaisse après avoir accompli son devoir auprès d’elle. Le graphisme est singulier, autant que la mise en couleur, dans les ocres et les oranges, et la musique de Sanseverino qui remplace allégrement les opérettes à la Disney. Le casting voix (Isild LeBesco, Bernadette Lafont, Sansevérino...) allèchera peut-être les parents, on espère les adolescents, car U n’est pas le film pour enfants que l’on croit. On y parle sans détour d’amour, du chamboulement des sentiments, mais aussi de sexe, et puis de morts... le tout plutôt légèrement, sans ironie mais avec un humour certain.