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INSEMINOID
de Norman J. Warren
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Sur la planète glacière Xeno, des archéologues procèdent à des fouilles dans des galeries souterraines. Lors d’une mission, Mitch (Trevor Thomas) et Sandy (Judy Geeson), deux membres de l’équipage, sont attaqués par une créature inconnue. Mitch est mis en morceaux, tandis que Sandy, après une perte de connaissance, se réveille en état de choc dans la base. Karl (Barry Houghton), le médecin, constate que la jeune femme est enceinte, alors qu’elle prenait un traitement contre la stérilité. L’extra-terrestre y est certainement pour quelque chose... Très rapidement Sandy devient dangereuse pour l’équipe qu’elle se met à massacrer, pour se repaître de chair fraîche. A quoi va-t-elle donner naissance ?



POINT DE VUE

Scénarisé par le spécialiste du maquillage Nick Maley en collaboration avec son épouse Gloria, Inseminoid est un curieux film anglais, produit pour pas cher par la fameuse firme chinoise Shaw Brothers. Son réalisateur, Norman J. Warren, est un habitué des ambiances malsaines, pour preuve, Prey / Le Zombie venu d’ailleurs (1978), l’un de ses précédents films, montrait un extra-terrestre carnivore à apparence humaine, s’en prenant à un couple de jeunes femmes. Warren reprend ce thème de l’intrusion avec Inseminoid, histoire de science-fiction horrifique faisant immanquablement penser à Alien (Ridley Scott, 1979). Dans Alien, un monstre sortait du corps infecté de John Hurt pour ensuite s’évertuer à décimer d’infortunés astronautes.

En revanche, Inseminoid monte d’un cran dans le malaise en prenant pour victime (et bourreau) une femme inséminée par un extra-terrestre, dont le comportement change au fur et à mesure qu’évolue sa grossesse. Sandy (Judy Geeson) développe une force herculéenne, allant de pair avec un insatiable appétit pour la chair humaine. Commence alors un jeu du chat et de la souris avec ceux qui autrefois étaient ses camarades de mission, dorénavant réduits à servir de proies. Même si la comparaison inévitable avec Alien est écrasante pour le film de Warren, son œuvre se rapproche tout autant de Rabid / Rage (David Cronenberg, 1977), drame nauséeux dans lequel Rose (Marilyn Chambers) développait un besoin compulsif de sang humain, à la suite d’une greffe expérimentale ayant mal très tourné. L’atmosphère pesante du huis-clos spatial de Norman J. Warren est comparable à celle de Saturn 3 (Stanley Donen, 1980), où il n’était non pas question d’une femme incontrôlable, martyrisant un équipage, mais d’un robot en rut, se disputant la possession de Farrah Fawcett avec Kirk Douglas, dans une station spatiale isolée.