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Dans les années 80, Roger Corman, le roi de la série B, se mettra à produire plusieurs petits films mêlant science-fiction et horreur, notamment Galaxy of Terror / La Galaxie de la Terreur (Bruce D. Clark, 1981), et Forbidden World / Mutant (Allan Holzman, 1982). Il sera responsable de la distribution en version non censurée d’Inseminoid aux Etats-Unis, sous le titre Horror Planet. Corman se souviendra certainement de ce long-métrage britannique lorsqu’il produira The Terror Within (Thierry Nolz, 1989), dont l’idée est assez proche. En effet, on y retrouve des monstres (cette fois-ci des mutants sur une terre post-apocalyptique), sautant sur tout ce qui porte un jupon, dans le but de perpétuer leur race déviante.

Mais le principal point commun entre les productions de Corman et Inseminoid, c’est indéniablement les scènes-chocs qu’ils contiennent tous. Galaxy of Terror / La Galaxie de la Terreur est célèbre pour son passage où Taaffe O’Connell se fait violer par un ver géant tout visqueux. Dans Forbidden World / Mutant, une jeune femme a la fâcheuse idée de vouloir communiquer, par l’intermédiaire d’un ordinateur, avec une créature monstrueuse, qui n’hésitera par à utiliser l’un de ses tentacules pour l’empaler. Quant à Inseminoid, retiennent surtout l’attention les passages où une astronaute en pleine panique (Rosalind Lloyd) s’ampute à la scie électrique de son pied coincé dans le métal, ainsi que le passage traumatisant où Judy Geeson, nue sur une table d’opération, est inséminée par un extra-terrestre soucieux de s’assurer une progéniture. Enfin, il y a bien sûr le moment tant redouté de l’accouchement, qui n’a rien à envier à celui, tout aussi cauchemardesque, filmé dans X-Tro (Harry Bromley Davenport, 1983), autre petite production britannique de la même époque, remplie d’images morbides.

Tourné sous Londres dans les Chislehurst Caves, Inseminoid se passe de décors élaborés. Le dépouillement des lieux, lors des scènes supposées se passer à l’extérieur de la base, sur la planète Xeno, est masqué par l’utilisation de filtres rouges, comme dans la grotesque séquence du ski sur Mars de Futureworld / Les Rescapés du Futur (Richard T. Heffron, 1976). Même s’il contient des idées dérangeantes, le long-métrage de Warren sombre plus souvent dans le ridicule que dans l’angoisse (par exemple, une scène de poursuite passe soudain en accéléré). La direction d’acteur n’est pas le fort du réalisateur. Mise à part Stephanie Beacham, apparue dans The Nightcomers / Le Corrupteur (Michael Winner, 1972) qui ajoutait un prologue au terrifiant The Innocents / Les Innocents (Jack Clayton, 1961), adapté d’Henry James (1843-1916), le reste de la distribution n’évoque pas grand-chose au cinéphile.

L’équipage ne semble pas très inquiété par la menace mortelle à laquelle il doit faire face, ainsi Mark (Robin Clarke) et Sharon (Heather Wright) vont chercher tranquillement des provisions au mess, alors que Sandy rôde dangereusement dans les parages. De plus Mark, que l’on appellera avec indulgence le héros de l’histoire, ne montre pratiquement aucune émotion, malgré le fait que Sandy, de moins en moins humaine, est censée être celle qu’il aime ! Mention spéciale à l’interprétation impressionnante de Judy Geeson dans le rôle de l’ignoble Sandy. Il est à noter que le film a été exploité dans deux versions différentes, la version anglaise, plus longue de cinq minutes que la version française, contient une scène finale supplémentaire, montrant une équipe de secours en provenance de la Terre, se rendant pour enquête sur la lointaine planète où les événements sanglants se sont déroulés un mois auparavant.