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IRVIN KERSHNER
Entretien réalisé
à Paris en juillet 2006
par Bernard PAYEN
et Frédéric CAMUS
Traduction Frédéric CAMUS
Remerciements chaleureux
à Anny ROMAND

D’Irvin Kershner, on ne sait pas grand-chose. Eventuellement, on peut citer L’Empire Contre-Attaque, le plus beau fleuron de la galaxie Star Wars, mais très vite le nom de Lucas arrivera dans la discussion. Autre piste, James Bond, dont Kershner a signé l’un des avatars les plus atypiques (Jamais plus Jamais). Mais au-delà...
Pourtant, la vie cinématographique d’Irvin Kershner ne se restreint pas à ces deux balises trop immédiates.
Chroniques, comédies, western, film d’espionnage, space-opéra, thriller... nombreux sont les genres auxquels il s’est essayé, dirigeant au passage quelques-uns des plus grands acteurs d’Hollywood : Faye Dunaway, Sterling Hayden, Sean Connery, Jean Seberg, Richard Harris, Barbra Streisand, Eva Marie-Saint, Harrison Ford...
A l’occasion d’un entretien inattendu, réalisé lors de son récent passage à Paris, Kershner nous raconte comment, entre commandes et indépendance, il a tracé une route à travers Hollywood, à la fois unique, et emblématique de la condition de réalisateur à Hollywood après 1960.



L’entrée en cinéma

Lorsque j’étais jeune, je voulais être compositeur et étudier la musique, mon ambition se limitait à cela. Puis la guerre est arrivée, et, comme tout le monde, je me suis engagé pour aller combattre en Allemagne. Pendant deux ans et demi, j’ai été basé en Angleterre, alors que Londres était sous les bombes. Je faisais partie de l’équipage d’un bombardier, nous survolions régulièrement l’Allemagne, sur laquelle nous avons lâché énormément de bombes...
Après la guerre, je ne voulais plus être musicien. Après trois années et demie passées dans l’armée, je ne savais pas trop où j’en étais. J’ai voulu aller à l’Université, que je n’avais jamais fréquentée auparavant. J’y ai étudié la céramique, la sculpture, uniquement des matières artistiques, et ça m’a plu.

Je suis ensuite allé à New York, où j’ai étudié la peinture, sous la direction de notre plus grand peintre à l’époque, Hans Hoffmann. Grande expérience que d’étudier avec lui. Je suis ainsi devenu peintre, jusqu’à avoir un studio, à New York, pendant trois années.

Et pourtant, finalement, je ne voulais pas être peintre, je voulais étudier la photographie. A l’époque, de nombreux peintres prenaient des photos pour leurs travaux. Je suis alors allé à l’Art Center School de Los Angeles, pendant deux ans et demi.
Rapidement, j’ai commencé à avoir pas mal de commandes, pour des livres d’architecture, pour des couvertures, pour des expositions, tout en donnant des cours de photographie à USC, dans le Département Cinéma, dont le doyen, le grand monteur hollywoodien Slavko Vorkapich est devenu un ami. Il a d’ailleurs influencé beaucoup d’entre nous.