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DVD

CIGARETTE BURNS
LA FIN ABSOLUE
DU MONDE

de John Carpenter
Par Frank CARANETTI

SYNOPSIS : Engagé par le millionnaire excentrique Ballinger pour retrouver la trace d’un film qu’on pensait jusqu’ici détruit, le jeune Kirby Sweetman découvre le vrai pouvoir du cinéma et sombre, peu à peu, dans la démence.



CARPENTER ET SES DOUBLES

Fin de règne. Fin de carrière. Voilà ce qui vient en tête lorsqu’on pense à ce très grand cinéaste qu’est l’américain John Carpenter, auteur non seulement de quelques-uns des films les plus terrifiants de l’histoire du cinéma de genre, mais plus encore d’une œuvre intelligente et engagée. Le cinéaste est en effet discret depuis Ghost of Mars en 2001, pour de nombreux fans un semi échec artistique. Le décès de sa femme, la productrice Debra Hill, en 2005, et de médiocres remakes de ses films ne présageaient rien de bon tandis que Carpenter avoue lui-même avoir « de plus en plus de mal à se lever le matin ».

C’était, semble-t-il, sans le connaître, puisqu’il revient aujourd’hui avec l’épisode le plus maîtrisé, et le plus éprouvant, de la série Masters of Horrors diffusée sur la chaîne Showtime depuis octobre 2005 : Cigarette Burns.

Premier rappel... Les « cigarette burns » (en français : brûlures de cigarettes) sont les marques imprimées sur la pellicule qui apparaissent en haut à droite de l’écran de cinéma. Elles indiquent au projectionniste de l’ère pré-numérique qu’il doit s’apprêter à changer de bobine. Bonne nouvelle, donc. Cigarette Burns se préoccupe de cinéma. Mieux, de l’étrange espèce qu’on appelle familièrement « cinéphiles ».

Mais n’allons pas trop vite... Le héros de Cigarette Burns est Kirby - Norman Reedus -, un ancien junky hanté par la mort de sa compagne. Il accepte l’offre de Ballinger de retrouver un film, La fin Absolue du Monde de Hans Bacovic, un film d’horreur expérimental, en noir et blanc, bien entendu, dont le titre évoque, malicieusement, La Fin du Monde d’Abel Gance (1931). Impossible ici de parler de l’intrigue sans trop en dévoiler... Disons seulement que Cigarette Burns reprend la fin apocalyptique de In the Mouth of Madness (1994), peut-être le meilleur film de Carpenter.
Certains films doivent être vus. Mais à quel prix ? Les rumeurs qui courent sur La fin Absolue du Monde sont-elles de simples superstitions, ou bien le film transforme-t-il ceux, privilégiés ou damnés, impossible de savoir, qui regardent les horreurs blasphématoires filmées par son réalisateur, comme ce fut le cas, dit-on, lors de sa première projection ?