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FESTIVAL DE DINARD

LIFE AND LYRICS

de Richard Laxton
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Un jeune DJ participe à une compétition de rap avec sa bande en espérant remporter le prix. Il tombe amoureux d’une jeune bourgeoise, vocaliste à 16 heures qui, pour son malheur, fait partie du clan adverse...



POINT DE VUE

Le choix (mais l’avait-il ?) de Blair en matière de politique étrangère (la guerre d’Irak a bel et bien lieu) qui a précipité sa sortie (à coups de pied aux fesses) du champ (de labours) et donné de son pays l’image d’une monarchie sans plus aucune grandeur, d’un royaume suiviste docile, hagard, égaré (comme un Laurel perdu sans son Hardy ou un Sarko sans son Vanzetti), aux ordres des pétroliers texans qui nous gouvernent, a pu occulter les problèmes internes de la Grande Bretagne : ses rapports avec la jeunesse ou avec les minorités ethniques. Mais, même impérialiste, l’île a toujours servi de modèle démocratique au reste du monde et de refuge aux damnés politiques de tous poils. Pratiquant, sans s’en vanter outre mesure, la discrimination positive, les productions de la BBC (soutenues par l’Anglaise des Jeux, la National Lottery) tiennent compte, dans leurs projets, leurs scripts ou, comme dans ce film, dans leur distribution (en l’occurrence, quasiment un all-black cast comme dans les courts métrages de jazz des années trente de la Warner), des communautés qui composent le tissu social de la couronne, espérant ainsi favoriser leur intégration ou, au moins, contribuer à apaiser les tensions.

Ce métrage de Richard Laxton d’une durée raisonnable (99’) est un remake ou une variante de la lutte clanique de West Side Story, film adaptant lui-même le Roméo et Juliette shakespearien, comme également Los Tarantos qui se déroulait dans l’univers gitan ; c’est une transposition, dans le milieu du rap (et non du mouvement hip hop en son entier, les gaffeurs grapheurs et les danseurs fonceurs étant soit exclus soit pas vraiment pris en considération ou correctement cadrés), de l’amour contrarié entre deux tourtereaux d’origine clanique et sociale différente, qui ont tout de même en commun jeunesse, joliesse et couleur de peau. Une histoire de compétition musicale et de défi entre deux groupes, le Motion Crew et le Hard Cash Crew, un pitch ayant servi maintes fois de livret aux romances écraniques (cf. par exemple le prototype en la matière, Wild Style, ainsi que Le Défi, naveton à gros budget et clichés déréalisé par la danseuse surcotée Blanca Li, ou encore The Saddest Music in the World, http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3961, voire Rize, http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3657). Dès que le spectacle s’en mêle, il s’emmêle les pinceaux par la même occasion : les jeune gens sont donc tout ce qu’il y a de plus présentables ; les blacks et les blackies sont tous proprets, bien fringués, coiffés court, au poil, rasés de frais, polis, ultra-lisses (ils ont du fric, possèdent une bagnole, un Macintosh neuf, et pas un imper : un ordi portable, un clavier Roland, du matos hi-fi, des platines Technics, une table de mixage Soundcraft, vivent dans des apparts spacieux et lumineux, ce qui paraît invraisemblable quand on connaît la vétusté des immeubles et le prix du mètre carré dans l’agglomération londonienne) comme autrefois les paysans faisant chabrot dans les dramatocs franchouilles, portant beau de seyantes chemises à carreaux neuves et amidonnées tout juste livrées par la Redoute. A chaque plan ou presque, le jeune premier arbore une nouvelle tenue, étrenne un blouson Adidas dernier cri, vintage en coton aux couleurs flashy ou réédition synthétique inspirée des années 60 (griffé de logos publicitaires pour des marques rétro, connotées Tour de France, telles que Miko ou les cycles Mercier).