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FESTIVAL DE DINARD

CONFETTI

de Debbie Isitt
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Trois jeunes couples se présentent au concours du mariage le plus original de l’année organisé par le magazine de mode Confetti...



POINT DE VUE

La présentation du film, au cinéma Alizé de Dinard, par sa réalisatrice même, était, comme c’est souvent le cas, bien plus intéressante que le scénario (ac)couché sur pellicule. L’anecdote rapportée, réelle ou exagérée, là n’est pas la question, sur le mariage raté de sa sœur, rendue aveugle par les gouttes d’un collyre destiné à faire briller ses yeux et lui donner belle apparence, ce, le jour j (D-Day) sacré de la cérémonie, acte inconscient ou inconsidéré, obligeant la jeune épousée à passer sa nuit de noces à l’hosto puis son voyage de mariée au Mexique, dans le brouillard le plus épais (elle ne recouvra la vue qu’une dizaine de jours après son retour en Europe) était effectivement plus amusante, surprenante, originale que l’argument de Confetti. L’opus de Mlle Isitt étant réduit, comme du reste un tas de films du genre socio-comique, à un pitch des plus simples, pour ne pas dire simplets : un magazine féminin organise le concours du mariage le plus original et, à cet effet, présélectionne trois couples assez différents.

Ce sujet, pas trop fatigant pour nos pauvres neurones (mais, après tout, des films qui ont cartonné au box-office tels que Good Bye Lenine, par exemple, n’avaient pas un script plus compliqué), n’est, en fin de compte, que le pompage pur et simple de l’idée de départ de films comme Cover Girl (1944) de Charles Vidor, d’émissions de radio comme Reines d’un jour (Radio Luxembourg, 1948) de Jean Nohain, ou de programmes de télé comme les simulacres de concours, généralement bidonnés et « fictionnés » , toutes ces sinistres Star’Ac et autres Bachelors, qui aliènent les masses depuis des lustres. Sur le papier, cela devait être alléchant. On imagine que, pour vendre l’idée aux gens de la BBC, le bonimenteur (producteur) du film a dû promettre de tourner ces concours en dérision, de faire une parodie de ce type d’émissions populaires, (d’ « allumer » la télé, si l’on peut dire), bref d’apporter un regard critique. Soit que l’humour britannique, pourtant l’un des plus efficaces au monde mais pas forcément cartésien, ne se prête pas aux entreprises de démolition, au deuxième degré ou à la distanciation brechtienne (ce qui serait tout de même étonnant, constituerait un scoop, pour des générations qui ont admiré le génie en la matière de bienfaiteurs de l’humanité tels que les Monty Python ou Benny Hill), soit que le canevas n’ait pas été, un minimum, travaillé autour d’une table, comme il se doit, en roue libre, durant un minimum de séances de brain storming, toujours est-il que le résultat des courses est des plus légers.