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D.R.
GUY PIERAULD
Comédien
Entretien réalisé
le 3 décembre 2005
par François JUSTAMAND

Guy Piérauld est sans conteste la voix de la « télévision d’hier » dont on se rappelle le plus avec nostalgie. Il a apporté un talent comique et une joie de vivre indiscutables aux programmes pour enfants : Bugs Bunny, Kiri le Clown... Ce sympathique comédien, qui fut la voix de Max la Menace, revient pour nous sur sa longue carrière.



La Gazette du doublage : Parlez-nous de votre enfance, votre région d’origine...

Guy Piérauld : Je suis né le 5 octobre 1924 à Lyon dans le 7ème arrondissement. Nous habitions un petit appartement dans le quartier italien, rue des trois Rois. J’y suis retourné il n’y a pas très longtemps. C’est une toute petite rue ! Elle ne mérite même pas un roi !

Mon père était romain et ma mère napolitaine. Ils ont été naturalisés en 1930 et nous sommes partis à Gerland dans les toutes premières HLM lyonnaises. C’étaient de beaux immeubles de 4 étages chacun... Pour nous qui venions d’un petit logement, c’était le château ! C’est là où j’ai grandi.


La Gazette du doublage : Vos parents n’étaient pas dans le milieu du spectacle ?

Guy Piérauld : Pas du tout ! Mon père était mouleur sur bronze et ma mère s’occupait du foyer. Quant à mes frères aînés, ils travaillaient à l’usine tous les deux.


D.R.La Gazette du doublage : Comment vous est venu la vocation de comédien ?

Guy Piérauld : A Gerland, il y avait un groupe scolaire important du nom d’Aristide Briand avec une superbe salle des fêtes. J’y ai passé mon certificat d’études et fais une année de cours supérieur. Un jour, un instituteur nous a demandé si nous aimerions faire du théâtre et je me suis porté volontaire. L’instituteur a monté la pièce Gringoire, de Théodore de Banville, dans laquelle je jouais Louis XI. J’avais à peine 14 ans et je me rappelle encore en particulier d’un monologue où Louis XI était furieux. Les gens dans la salle ont applaudi ce monologue ce qui m’a étonné et ravi. Du coup, j’ai recommencé la scène !

Plus tard, on a refait un autre spectacle. C’était l’époque où il y avait ce qu’on appelait « La Fête de l’art à l’école ». Chaque groupe scolaire présentait quelque chose à l’Opéra de Lyon. Moi, j’avais été délégué pour dire un poème de Victor Hugo. Je représentais Gerland. Inutile de vous dire que j’avais la tête comme une baignoire ! Cabot, il n’y avait pas plus ! (rires)

Dans le deuxième spectacle, Le Luthier de Crémone, je jouais un apprenti luthier bossu amoureux de la fille de son patron. Je faisais semblant de jouer du violon pendant que le disque tournait. Les jours suivants, des connaissances disaient à ma sœur : « Oh, il joue bien Guy ! Comment a-t-il appris ? » et ma sœur, jalouse, répondait : « Ce n’est pas lui, c’est un disque ! » (rires).