SYNOPSIS : Février 1916. Le Fils profite d’une permission pour aller embrasser sa famille. Pas d’inquiétude, l’ennemi est loin, il fait meilleur vivre à Verdun qu’à Paris. Mais à son retour sur le front, on annonce l’attaque imminente des Allemands sur ordre de l’empereur Guillaume II. Dans les campagnes autour de la Meuse, les villages sont évacués. Le Mari regarde partir sa Femme et ses enfants. Le vieux paysan, lui, refuse de quitter sa terre et reste seul dans sa maison, à attendre le choc. Le balancier de la pendule décompte les heures avant le grand bombardement allemand...
Après Bologne, La Rochelle et Washington, Toulouse était enfin en mesure de présenter les 14 et 15 octobre 2006, une résurrection effectuée par les soins de sa Cinémathèque : celle de Verdun, visions d’histoire, un film « historique » de Léon Poirier. Accompagnée au piano par Hakim Bentchouala-Golobitch, la projection donna lieu à un ciné-concert à l’image de sa première à l’Opéra Garnier (Paris) le 8 novembre 1928. Alors qu’il fera également l’objet d’une projection spéciale le 11 novembre 2006 (88 ans de l’Armistice) au Festival international du film d’Amiens, Verdun, visions d’histoire sort en DVD le 7 novembre, co-édité par Carlotta films et la Cinémathèque de Toulouse. Une action essentielle pour mettre à la portée de tous, et en particulier des jeunes générations, un témoignage fictionnel poignant de vérité sur un des évènements les plus marquants historiquement du XXe siècle.
Certainement le plus grand film de guerre et pourtant le moins spectaculaire comparé à tous ses successeurs du genre.
POINT DE VUE SUR LE FILM
1927, la France n’est pas encore remise de la Grande Guerre, que le réalisateur Léon Poirier se lance dans sa reconstitution cinématographique afin de célébrer les 10 ans de l’Armistice. Dix années à peine après le choc, avec tout ce qu’elles comportent de deuil, de tentative d’oubli, de reconstructions partielles, le cinéaste convoque les survivants, civils et anciens combattants, pour rejouer l’épisode crucial de Verdun : les tranchées, la prise des forts de Douaumont, de Vaux... Loin du point de vue neutre et documentaire, Verdun, visions d’histoire déroule une trame fictionnelle où les destins sont symboliques avant d’être personnels. Les intertitres désignent les rôles : le Soldat français, la Mère, le vieux Maréchal d’empire, le Fils et la Jeune Fille... Autant d’anonymes, représentants de tous les autres dont la fonction a plus de valeur que le prénom. Dans le hasard réorganisé de la guerre, leurs chemins d’inconnus croisent les véritables protagonistes en marche vers l’Histoire : le Colonel Driant ou le Maréchal Pétain. Le cadrage fixe et la photographie limpide témoignent d’un regard impliqué dans un passé trop proche, tentant d’en percer les rouages à travers la fumée des gaz et des explosions. Si elle s’abandonne parfois à la candeur, cette restitution n’est jamais aussi exacte et minutieuse que dans les scènes de guerre, jamais spectaculaires. Intertitres explicatifs, séquences d’animation, incarnation fantomatique des pensées intimes visent la clarté et la compréhension des stratégies militaires comme des émotions humaines en jeu. Sans apitoiement exagéré ni condamnation arbitraire, Verdun, visions d’histoire se veut éducatif, s’attachant avant tout à la nécessité de la transmission. Sur le point de donner le premier tour de manivelle, Léon Poirier déclara : « C’est à partir du moment où les hommes ne se souviennent plus des enseignements du passé qu’ils sont à nouveau tentés de se battre. »