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LIVRE

HISTOIRE DE LA CINEMATHEQUE FRANCAISE

de Laurent Mannoni
Par Nicolas VILLODRE

Les joutes et les trahisons, les victoires et les drames de la Cinémathèque Française, à travers la vie de son créateur, qui a permis de sauver une part majeure du patrimoine filmique...



« Loin d’être un cimetière ou une galerie, la cinémathèque est un organisme de combat. » (Henri Langlois, mai 1938, p. 118)

En deux temps, trois mouvements (ses deux expos, il y a quelques années déjà, à l’Espace Electra, celle sur Méliès et celle sur Marey, pas celle, en cours à Bercy, conçue avec Marianne de Fleury et consacrée à l’Expressionnisme, bien faite techniquement, ayant, pour la première fois sans doute (cf. www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3441 et http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3520), trouvé les bons rapports cadres/écrans, en terme de taille comme de luminance, un mode discret (au sens premier du terme) de faire cohabiter, dans un espace en accordéon, objets plastiques et séquences de films muets, ce qui n’est pas rien, mais ridiculement riquiqui, ce mouvement méritant à lui seul le bâtiment cubo-futuriste de Gehry en son entier, aussi bien l’intérieur que l’extérieur, avec des projections et éclairages autrement plus futés que ceux d’un Rudi Bauer, et non simplement le placard où elle a été cantonnée, Mannoni aura réussi à se faire un prénom en se démarquant d’un célèbre critique de danse et d’un non moins fameux couple de psychanalystes. Son bouquin sur Langlois, Histoire de La Cinémathèque Française, même s’il a tendance à réinterpréter, revisiter et réviser, un peu naïvement, pour ne pas dire puérilement, une réalité que l’on a eu l’occasion de vivre ou suivre de près - mais, là encore, trop de proximité, comme de distance risquent d’aveugler mêmement - est intéressant, amusant, épique. Le livre pourrait d’ailleurs être adapté à l’écran dans les mois qui viennent et faire l’objet d’un biopic de la part d’un Coppola ou d’un Scorsese.

Tant qu’il s’agit de livrer une série de faits, de détails, de dates qu’il fallait se donner la peine - et le temps - d’aller débusquer en fin fonds de bibliothèque ou de carton d’archives (on peut comprendre, cela étant dit entre parenthèses, que la laborieuse énumération de PV d’AG et de CA de la CF, avec l’âge des capitaines, autrement dit, l’année de naissance de tel ou tel haut fonctionnaire aujourd’hui totalement oublié, finisse par lasser le lecteur le plus indulgent !), il n’y a rien à dire, sinon saluer chapeau bas la patience bénédictine de l’auteur. Pour le reste, l’exégèse, l’entrefaits, les remarques et incises insidieuses reliant les citations, les jugements de valeur (ceux concernant les films, comme par exemple Le Mépris ou L’Hirondelle et la mésange, comme ceux sur les hommes), relativisent l’objectivité, l’impartialité, le caractère scientificique d’un ouvrage édité un peu à contretemps, au moment où le microcosme s’attendait plutôt à la publication des mémoires de Langlois, ouvrage en chantier, semble-t-il, depuis un moment déjà.