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NE LE DIS A PERSONNE
de Guillaume Canet
par Bernard PAYEN

SYNOPSIS : Sa femme Margot a été sauvagement assassinée par un serial killer. Totalement détruit, Alex ressasse jour après jour le souvenir bouleversant de son amour perdu.
Huit ans ont passé. Alex reçoit un e-mail anonyme. Il clique : une image... le visage d’une femme au milieu d’une foule, filmé en temps réel. Celui de Margot...



POINT DE VUE

Pour son deuxième long métrage, Guillaume Canet adapte le roman-suspense à succès d’Harlan Coben. Le point de départ est hitchcockien tendance « Vertigo ». Une femme disparaît, apparemment assassinée, avant de revenir par la petite porte d’une vidéo sur Internet. Elle n’est pas blonde, elle n’a pas changé d’apparence physique, c’est juste elle, cette jeune femme brune effilée rendue fantômatique par les pixels qu’Alexandre, le personnage principal, (c)rêve de voir revenir parmi les vivants. « Vous ne pouvez pas vous imaginez combien votre fille me manque » laisse échapper Alex à son beau-père. Incroyable comme cette phrase inattendue lâchée dans un souffle peut émouvoir. On finit par oublier la naïveté des chromos forestiers de l’enfance dans ces vibrations d’un amour perdu résonnant dans ce bout de phrase qu’on n’attend pas à cet instant du film.

François Cluzet, extraordinaire acteur en pleine reconquête des écrans (on l’attend aussi dans les prochains films de Sam Karmann et d’Olivier Assayas) bouleverse autant dans l’interprétation d’un sentiment amoureux meurtri qu’il ne s’en donne à coeur joie dans les scènes d’action du film. On parlera encore longtemps de sa mémorable course-poursuite sur le périph puis au coeur du marché aux puces, séquence déjà légendaire par les gadins sans trucage du comédien, mais aussi par les choix de mise en scène et de photo du tandem Canet-Christophe Offenstein (déjà chef opérateur sur Mon idole), mêlant caméras portées, paluches pour les gros plans, caméra sur pied (plans larges du périph), le tout monté très cut.