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BANLIEUES :
SOUS LE FEU DES MÉDIAS

de Christophe-Emmanuel Del Debbio
Par Nicolas JOURNET

SYNOPSIS : Fin octobre 2005, la mort dramatique de Bouna Traoré et Zyed Benna à Clichy-sous-bois est le point de départ d’un embrasement des banlieues françaises. Pendant trois semaines, la télévision a consacré des heures d’antenne à ces événements, les banlieues et leurs habitants se retrouvant sous le feu des médias. Choix des mots, choix des images, choix des journalistes envoyés sur le terrain, choix des invités censés représenter les jeunes, discours dominant abondamment relayé, amalgames, stigmatisation des quartiers et des jeunes, absence d’autocritique des journalistes. Avec quel impact sur la vision de la société pour le citoyen téléspectateur ?



ENTUBAGE CINÉMATOGRAPHIQUE

« Ce genre de critique de la télévision, visiblement fascinée par son objet, partage équitablement avec elle manipulation et mépris du spectateur », ainsi parlait Jacques Mandelbaum dans Le Monde du regroupement de courts métrages Désentubages cathodiques. Cette critique pourrait être reprise textuellement pour Banlieues : sous le feu des médias. Pourquoi faire un lieu entre ces deux films ? Et bien parce que le réalisateur de Banlieues : sous le feu des médias, Christophe-Emmanuel Del Debbio, participait déjà à l’aventure Désentubages cathodiques. Il fait partie de cette petite bande de gauchistes adorateurs inconditionnels de Bourdieu qui prétendent depuis quelques années démonter la parole médiatique à grands renforts de livres, de films, et de conférences. Il n’en est pas le membre le plus connu. La position de porte-parole étant occupée pour le cinéma par le pseudo-révolutionnaire mais néanmoins parfois intéressant Pierre Carles.

Malheureusement pour eux, ils ne sont jamais arrivés jusqu’à présent à atteindre réellement leur but. Banlieues : sous le feu des médias en est un bien triste exemple. Le film est censé dénoncer le traitement des médias lors des émeutes de novembre 2005 dans certains quartiers populaires périphériques français. Mais sa réflexion perd toute crédibilité en sélectionnant pour les trois quarts des extraits des journaux télévisés ou des magazines de TF1. Dire que la première chaîne est de droite et très clairement pro-sarkozyste n’est quand même pas le scoop du siècle ! Par ailleurs, certaines assertions frisent le ridicule. Présenter le fait qu’une bonne partie des journalistes envoyés couvrir les émeutes étaient des reporters de guerre ne veut absolument rien dire sur le journalisme. Quand des événements tels que ceux-ci surgissent, avec un degré de violence élevé, il est clair que tous les journalistes n’ont pas envie d’aller sur place voir de quoi ils retournent. Par peur physique tout simplement. Autant donc envoyer des professionnels aguerris par la présence sur d’autres terrains de conflits qui pourront mieux réaliser leur reportage qu’un novice en la matière tétanisé par la crainte de se prendre une pierre.