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DVD

CINEMA DIFFERENT

Volume 2
Par Nicolas VILLODRE

A PROPOS DU DVD : Le DVD Cinéma différent, Vol. 2 regroupe huit films et vidéos qui ont été présentés lors de la 6e édition du festival parisien éponyme organisé par le Collectif Jeune cinéma. Ces films ont en commun leurs préoccupations plastiques.



Le premier film, K (Désert), réalisé en 2004 par Frédérique Devaux surimprime plusieurs couches d’images au statut hétérogène, défilant avec plus ou moins de vivacité, recyclant au moyen de collages (dans tous les sens du terme) des plans divers, des bouts de pellicule, des parties plus atomiques, infinitésimales et généralement invisibles, telles que les pistes optiques exhibées avant tout pour leur valeur plastique et non pour leur qualité sonore (contrairement à l’un des films de Giovanni Martedi, réalisé assez traditionnellement en 16mm avec la complicité d’Ahmet Kut, dans lequel l’image, rabattue en lieu et place de la bandelette ondulatoire, produisait elle-même, directement, le, ou en tout cas, du son), les perforations qui, après Len Lye et McLaren, sont devenues des stars écraniques à part entière, des collures et des coulures d’acide ainsi que les traces d’autres mauvais traitements infligés au bon vieux support en celluloïd. Une musique arabe, marocaine ? avec un solo de flûte, aide à faire passer une pilule finalement pas désagréable.

Da qui, sopra il mare (2003) de Mauro Santini continue à jeter le trouble. Un flou volontaire, assumé, maîtrisé, donc des plus nets et honnêtes, présente la silhouette de la muse du réalisateur, une brune venante et avenante, se déplaçant au ralenti. Le regard s’accommode peu à peu sur la jeune femme aux cheveux tirés en arrière et retenus par un minuscule chignon. Se dégage du film une ambiance de vacances dans un village méditerranéen de pêcheurs, avec des portes voilées par des rideaux, des fenêtres camouflées par des volets luttant contre la lumière des moments de sieste, des pièces déglinguées, tout ce qu’il y a de plus rustiques. La silhouette féminine, fantomatique, tremblotante, se dédouble, se détriple, les gestes sont doux, comme en apesanteur.

Lily in the Glass (2003) de Shiho Kano, fait un peu penser au travail photographique un peu systématique qu’on trouvait dans Unfolding (2002, 3’) d’Egbert Mittelstäd, court métrage faisant partie du volume expérimental n°1 de Lowave (cf. http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3257). Ici, ce n’est pas le corps féminin qui est sert de proie, mais un lys grand comme un Casablanca, une nature morte prise sous tous les angles au moyen de la vidéo numérique, avec un minimum d’éléments décoratifs (un verre, un carafon en forme de bocal, de l’eau, un guéridon) pour un maximum d’effets visuels.