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ARTHUR PENN
Réalisateur
Entretien réalisé
à Arras le 16 novembre 2006
Par Romain BAUJARD et Frédéric FOUBERT
Merci à Dany de Seille

Après Jerry Schatzberg et Sidney Lumet, c’était au tour d’Arthur Penn d’être l’invité d’honneur du festival « L’autre cinéma » d’Arras, un festival qui n’en finit pas, d’année en année, de dire son amour du « Nouvel Hollywood » des années 60-70. Penn est un cas, un monument, celui par qui tout est arrivé. En une poignée de films réalisés entre 58 et 81 (les 80’s furent moins glorieuses), il a chamboulé l’équilibre du cinéma américain classique, créé quelques images inoubliables, dressé un tableau lyrique et fiévreux d’une Amérique à feu et à sang. Amoureux des acteurs, il a fait tourner Paul Newman, Anne Bancroft, Warren Beatty, Marlon Brando, Robert Redford, Jane Fonda, Faye Dunaway, Dustin Hoffman, Gene Hackman, Jack Nicholson,...

A Arras, Arthur Penn acceptait l’hommage qui lui était rendu avec gourmandise et humilité. A première vue, ce gentleman de 84 ans ne ressemble pas à son œuvre : il est en effet courtois, attentionné, discret. Ses films, eux, sont bruyants, tourmentés, pleins de bruit et de fureur. Mais il est aussi à leur image : lucide, exigeant, souvent drôle, toujours passionnant. Conversation avec une légende.



Objectif Cinéma : Le festival d’Arras organise une rétrospective de votre œuvre. Avez-vous l’habitude de revoir vos anciens films ?

Arthur Penn : Non, il y en a certains que je n’ai pas vu depuis 20 ans, peut-être plus. Je vais profiter du festival pour revoir Georgia (Four Friends, 1981), que je n’ai pas revu depuis que je l’ai réalisé. C’est très dur d’en trouver une copie.


Objectif Cinéma : Vous avez commencé votre carrière de réalisateur à la télévision. Etait-ce un espace de liberté, de créativité, ou plutôt un carcan dont vous avez cherché à vous échapper grâce au cinéma ?

Arthur Penn : Non, c’était plutôt intéressant. Le principe de la télévision à ses débuts, quand nous filmions une pièce ou un spectacle, c’était le direct. Il n’y avait pas de cassettes vidéo, rien de tout ça. Ce qui veut dire que nous devions travailler en amont avec les acteurs, préparer tous les plans à l’avance. C’était donc un très bon entraînement pour le cinéma. Mais quand j’ai commencé à faire des films, je n’étais plus contraint de passer par cette préparation minutieuse. J’ai alors été en mesure de travailler plus librement avec les acteurs, et nous découvrions ensemble de nouveaux aspects. Mais la télévision était un excellent apprentissage, surtout grâce au direct.


Objectif Cinéma : Vous travaillez toujours pour la télé aujourd’hui ? On a récemment vu votre nom au générique de la série Law and Order, en tant que producteur exécutif.

Arthur Penn : Oh, ça... J’ai dû y travailler pendant un mois, peut-être... Je donnais un coup de main à mon fils, qui en est maintenant le producteur.