Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

STEPHANE ELMADJIAN
Realisateur, Monteur
Par Nicolas REYBOUBET

Stéphane Elmadjian, présent aux génériques de Tony Gatlif, est cet homme à qui l’on doit un court-métrage, plusieurs fois récompensé dans les festivals, fort et même peut être culte : Je m’appelle. Adapté d’un texte de Enzo Cormann, ce film est un coup de poing. Aujourd’hui, en parallèle de son travail de monteur, Stéphane arrive au bout de son premier long métrage qui sortira prochainement. A suivre...



Objectif Cinéma : On a pu lire sur ton site que, très tôt, tu as été bercé par l’univers-cinéma.

Stéphane Elmadjian : Ma mère était monteuse de documentaire, elle a aussi travaillé avec Mocky. Elle a même été assistante sur le dernier film d’Orson Welles, le film inachevé, Don Quichotte. En cela beaucoup de gens qui nous entouraient travaillaient dans le cinéma.


Objectif Cinéma : Ca a donc motivé ton goût pour le cinéma ?

Stéphane Elmadjian : Oui, c’est comme ça que ça s’est passé. Super tôt j’ai eu envie de faire du cinoche. Je suis devenu assez cinéphile très jeune, vers 12 ans. J’allais bouffer tout ce que je pouvais bouffer, dans deux salles à Paris dont l’une était l’Action Lafayette. Il y avait des cartes de fidélité, ça coûtait rien.. 5 francs. Il y avait deux films diffèrent par jour. A l’Action Lafayette c’était essentiellement le cinéma américain ; tout le répertoire : les comédies musicales, les westerns, les Ford. L’autre salle où j’allais, prés du faubourg Montmartre, c’était les films français : Festival Michel Simon, Duvivier.. Je me suis donc aussi fait un gros répertoire du cinéma français... à cet âge-là, parce que plus tard c’était plutôt les films japonais. J’adorais Kurosawa.

Après, grâce à une amie de ma mère, je fréquentais le Cosmos, aujourd’hui l’Arlequin, qui appartenait au Milliardaire Rouge. Ils ne passaient que des films soviétiques, et c’est là que je suis tombé amoureux de Nikita Mikhalkov, de son ton Tchékhovien : Quelques jours de la vie d’Oblomov (1979), Partition inachevée pour piano mécanique (1976)- un film qui m’a vraiment marqué- Cinq Soirées (1978), L’esclave de l’amour (1975). Avant qu’il soit vraiment connu, qu’il fasse Urga (1991) ou Les Yeux Noirs (1987) avec Mastroianni, des films plus internationaux, moins de fibre russe.

Aujourd’hui je ne vais plus au cinéma, je n’y arrive plus, ce n’est pas que je m’ennuie, je pense qu’il y a quelque chose que j’ai perdu, une fibre que j’avais à l’époque. Peut être parce que je fais des films moi même mais je n’ai plus du tout envie d’aller au cinéma. Ca me manque, et je pense que c’est important d’aller au cinéma mais je n’y arrive plus. Je compense par la lecture.