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UN CHANT D’AMOUR
Humbles Propos
Par Gerald VON SECULA


Je crois qu’il avait en lui une souffrance.
Et si je ne me trompe pas en affirmant cela, et qu’au fond, cet homme est un frère moral, il avait le besoin pervers, qui se manifeste à certains moments de l’existence, de l’extraire.
Afin de s’assurer qu’elle n’est pas un mythe.
S’opérer pour ne pas paraître fuir face à elle.

Savoir d’où cet état somnambule, en perpétuelle déraison, a débuté son travail de sape : pas d’intérêt pour lui. Pas maintenant.

Pour ce prisonnier, consumé par le désir, meurtri par la frustration, l’absence de l’autre, l’analyse de ses sentiments attendra.
Pour lui, à l’instant, tout ça c’est de la blague. On verra plus tard.
Quand ses jambes ne suffiront plus à lui permettre de voir le monde fièrement, le menton dressé vers l’horizon des possibles.
Ou quand sa queue sera incapable de se durcir... là, peut-être fera t’il, pour passer le temps, un travail approfondi sur la causalité.

Il est enfermé.
Seul en apparence, mais il peut marcher.
Il peut bander aussi, comme tous ses voisins de cellules. Tous ici chargé à bloc d’une libido sans fin, d’une hargne sexuelle capable d’enfanter une nouvelle humanité.
Pure théorie. Ces hommes en veulent, en aiment d’autres. Tous des pédés dans cette taule. Nous sommes chez Jean Genet.
Tous ces types n’en peuvent plus à force d’incandescence.
Le noir là, dansant, virevoltant la bite à l’air.
Le marin musclé qui se branle, devant le regard de ce petit bandeur mou de gardien (ce voyeur, cet impuissant notoire).

Et le prisonnier dont je parlais, qui lui est à bout de ne pouvoir sentir le vit de son compagnon.
D’ailleurs, bien que le film soit muet, je reste persuadé de l’avoir entendu dire :
« J’ai mal. Vois comme je pleure. Aime-moi ».

Je dérive, me feriez-vous remarquer si vous aviez l’honneur de me connaître.
Je vous répondrais que non. Que j’ai l’ouie fine.

Le phantasme éclairé, ritualisé, est le seul souffle que j’ais besoin de sentir dans un film.
Le seul chant qu’il m’est nécessaire d’entendre.
A ces instants où je me sens intime avec un film, où une situation, un personnage, un plan me sonde l’intérieur du crâne, me déshabille...
Parfois, je suis apeuré, tremblant tel un enfant dans un coin sombre.
Parce que je suis pudique.
Parce que moi aussi, comme ce taulard au torse viril mais à l’âme errante, il m’arrive de simplement être un homme. Ce qui peut paraître vulgaire.

Je connais beaucoup de beaux films "homos" essayant d’approcher l’inconnu. De maniére sensible et crue.
Dont celui-ci.
25 minutes de plaisir, qu’il soit réel, physique, ou plus intériorisé ou projeté (selon ses goûts en matière d’obsession charnelle).

Un poème important à sa manière. Sans non plus exagérer, sans trop en grossir le prix. Simplement l’amour et le sexe. Simplement des coeurs et des corps qui brûlent.






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