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PAUL VERHOEVEN
Réalisateur, scénariste, acteur, producteur
Par Robert BOISCLAIR



VERHOEVEN, LE PROVOCATEUR

Ambigu, acerbe, sulfureux, controversé, autant d’adjectifs que l’on associe au provocateur Paul Verhoeven. La provocation version verhoevienne n’est pas gratuite, elle est le véritable moteur de son œuvre. « La provocation m’inspire. C’est l’une des raisons qui me pousse à me lever le matin et à faire des films. J’en tire un vrai plaisir. Ce n’est pas la priorité qui me guide, mais c’est certainement présent dans mon travail. » L’Express, 17 août 2000. Tout le long de sa carrière, il s’attaquera à tous les sujets, même en terre américaine : religion, sexualité, relations amoureuses, mode de vie américain,...


LA PERIODE NEERLANDAISE

Né à Amsterdam le 18 juillet de 1938, il passe les premières années de sa vie dans une Hollande occupée par l’Allemagne nazie. À l’adolescence, il poursuit des études en sciences et décroche même un doctorat en mathématiques et en physique de l’Université de Leiden. Après toutes ces années d’études dans un domaine scientifique c’est, curieusement, l’art qui l’attire. Il s’inscrit donc à des cours de peinture et réalise quelques courts-métrages. Enrôlé dans la marine royale néerlandaise, il réalise des documentaires sur la vie des marins. Son talent de réalisateur sera remarqué par des producteurs de la télévision hollandaise qui lui commandent le documentaire Portret van Anton Adriaan Mussert (1968) pour le tricentenaire de la Marine Hollandaise. Le succès est immédiat et il enchaîne avec une série sur le Moyen Âge, Floris (1969). Il tourne pour la première fois avec Rutger Hauer qui deviendra, en quelque sorte, sa muse. Ils tourneront ensemble sept films.

En 1971, il réalise son premier long-métrage, Wat Zien Ik ?, qui, sans être un flop n’est pas très bien reçu. Il sera suivi en 1973 de son premier film véritablement provocateur, Turkish Delight. La censure et les bien-pensants s’en prennent à Paul Verhoeven et à cette histoire d’amour plutôt particulière. Il faut dire qu’il y a de quoi choquer avec cette romance où le héros, interprété par Rutger Hauer, se fait une moustache avec des poils de... pubis ! Le film fait un malheur en salles et Paul Verhoeven acquiert le statut de vedette en Hollande. Nombre de ses films porteront désormais le sceau du scandale. Le scandale attire le succès en Hollande comme sur la planète cinéma et, malgré le scandale, le film est mis en nomination pour l’Oscar du Meilleur Film Étranger. En 1999, le Nederlands Film Festival reconnaît les grandes qualités de ce film en le sacrant Meilleur film Néerlandais du siècle.