Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

KIM ROSSI STUART
Réalisateur de Libéro
Entretien réalisé
par Nadia MEFLAH
et Jeff GOSS
le 26 octobre 2006 à Paris
Merci à Monica Donati
pour la traduction
et Rahma Goubar, directrice
de la distribution chez MK2

Kim Rossi Stuart, connu du grand public comme acteur pour ses rôles dans Romanzo criminale réalisé par Michele Placido, adapté du roman éponyme de Giancarlo de Cataldo. (mars 2006) ou Les Clés de la Maison de Gianni Amelio (2004) signe avec Libero un film exceptionnel en évitant avec brio tous les pièges du premier film autobiographique. Cela semble être d’usage pour un auteur de commencer par tourner son regard vers l’enfance. Carrefour infernal pour tout cinéaste où s’élabore pour le spectateur une certaine histoire de la cruauté (à la fois éprouvé et démoli) tout film d’enfance semble devoir sa survie à l’observation quasi clinique et en même temps compassionnel de la part du réalisateur. Libero s’applique tout autant à Tommy, protagoniste de l’histoire qu’au cinéaste. Nécessaire arrachement, récit emprunt de cruauté (Pialat plutôt que Truffaut) Libero offre au cinéaste la possibilité d’exacerber en plan séquence la résistance du lien. Qu’est-ce qui fait père ? Qu’est-ce qui fait homme ? Avec comme énigme et puissance érotique cet avatar du cinéma italien « la mama » que le réalisateur fait adroitement et avec ironie jouer par une actrice russe...



"J’étais prêt à jouer la mère pour faire ce film"


Objectif Cinéma : Quelle est votre relation avec le football et quelle signification donnez-vous à ce titre Libero ?

Kim Rossi Stuart : J’aime parfois regarder des matchs de football, j’ai mon équipe préférée, c’est tout. En italien, le titre exact est « Anche Libero va bene », « Libero ça me va aussi », c’est la phrase que l’enfant dit à son père à la fin du film. Libero, c’est aussi le nom d’un joueur qui occupe une place déterminante dans le football, il n’attaque pas, il ne se met pas en avant, il joue derrière les autres défenseurs. Libero, c’est donc une vie sans grande protection, avec la nécessité pour cet enfant d’avoir beaucoup de courage. Libero c’est aussi le père qui aspire à beaucoup plus de liberté. Le père est un prisonnier et c’était important pour moi, et pour la dynamique de la scène, que le père dise à ce moment précis quelque chose à son fils sur cette position, pas tant sur le foot que sur sa position à occuper dans la vie. Libero me convenait par sa polysémie sans que je sois moi-même nécessairement un adepte du foot.


Objectif Cinéma : C’est votre première réalisation au cinéma. Pourquoi avez-vous choisi de nous raconter cette histoire ?

Kim Rossi Stuart : Je voulais faire un film depuis très longtemps. J’avais plusieurs idées et je suis allé vers ce qui me paraissait le plus urgent et nécessaire pour moi.