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THE HOST
de Bong Joon-ho
Par Romain CARLIOZ

SYNOPSIS : A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l’immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l’arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu’à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. Le snack démoli, Gang-du tente de s’enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l’aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière. La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo...



LES ENTRAILLES DU CINEMA

The Host est à l’image du monstre qui le hante, un film sans. Sans nom, sans corps, sans forme : c’est sans doute de là que vient une part de la fascination sans borne que le troisième film de Bong Joon-ho exerce sur ses spectateurs. The Host est surtout un film que l’on n’attendait pas, qui surgit dans des espaces insoupçonnés, qui se livre sur un terrain incongru alors même qu’il s’ouvre sur les cendres d’un genre asiatique des plus classiques, le kaiju eiga. Succès monumental en Corée, The Host n’en est pas moins un objet mystérieux, insaisissable qui refuse de s’abandonner aux délices d’une narration transparente et efficace. Ce qui ne laisse pas de nous réjouir et de nous questionner sur l’émergence de cette œuvre saisissante, si proche de la perfection.


MONSTRE(S) DE CINEMA

Pour ce qui n’aurait pas bien suivi, The Host est une histoire de monstre terriblement angoissante et fondamentalement classique. Elle s’inscrit, tout comme bon nombre de films du nouveau cinéma coréen, sous la double parenté du cinéma occidental (le film de monstre et ses multiples déclinaisons, de King Kong à Alien) et du cinéma asiatique (le kaiju eiga dont le plus célèbre représentant reste le beau Godzilla d’Hinoshiro Honda). Le premier plan constitue à ce titre un étonnant programme du film à venir : un savant américain et son homologue coréen se font face dans un long plan fixe tiré au cordeau. Le duel silencieux entre ces deux conceptions prend fin au moment même où le vieil américain ordonne au jeune coréen de déverser dans l’évier - et conséquemment dans la rivière Han - la totalité des bouteilles d’éthanol du laboratoire.