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FESTIVAL DE CHICAGO
Stranger than fiction :
l’étrange histoire du
festival de cinéma à Chicago
Par Glenn MYRENT


Chicago, une ville de cinéma

J’ai 135 ans. Cela ne se voit pas, mais je vous assure que depuis ma renaissance, suite à un incendie dévastateur, des ailes me poussent tels des gratte-ciels emplumés. De quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d’habitants, au bord du lac Michigan, j’ai tout vu pendant ce tour sur terre.

J’ai la prétention de survoler l’histoire de ma ville, véritable carrefour du cinéma mondial, bien avant la venue en scène en 1964 du fondateur et directeur du festival, Monsieur Michael Kutza. Que ce soit la naissance de Walt Disney, Harrison Ford, Robert Zemeckis, Bill Murray, Harold Ramis, David Mamet, ou Haskell Wexler, parmi des centaines d’autres, la ville de Chicago est imprégnée par l’empreinte du septième art. D’Alexandre Promio, opérateur des frères Lumières qui, en septembre 1896, filma les premières prises de vue de l’avenue de Michigan et de la grande roue, à la production du film muet Chicago (1927) en passant par Gloria Swanson qui débuta chez Charlie Chaplin ( His New Job, 1915-16 pour les studios Essanay), jusqu’à la comédie musicale Chicago en 2002, My kind of town, Chicago is... comme Frank Sinatra l’a chanté, a servi de décor dans des centaines d’œuvres cinématographiques. Y compris le film qui a ouvert le festival cette année, Stranger Than Fiction.

Le saviez-vous ? Orson Welles est né à Kinosha, dans le Wisconsin, à 100 kilomètres de Chicago où il a grandi. Vers la fin de sa vie, Welles a partagé l’ascenseur d’un grand hôtel avec l’oncle et la tante du rédacteur anonyme de cet article (pensez-vous réellement qu’une ville américaine puisse écrire en français ?) En tout cas, l’oncle et la tante en question sont entrés dans l’ascenseur au vingtième étage, où ils ont ensuite passé plusieurs secondes ensemble dans un silence total. De temps à l’autre, l’oncle jetait un regard curieux vers cette silhouette imposante, le Dieu sur terre, sans oser lui adresser la parole. En quittant l’ascenseur, au rez-de-chaussée, Welles leur a lancé de sa voix grave : « OUIIIII, c’est moi... » Le troisième homme était de passage dans la troisième ville des Etats-Unis.

Par rapport aux deux autres grandes cités du cinéma, New York et Los Angeles, l’ancienne Second City est arrivée, d’après les chiffres de sa population, en troisième position. Mais pour les plus curieux des presque dix millions dans la région de Chicagoland, depuis 42 ans, chaque automne, Michael Kutza fait venir des visions du monde entier. 2006 fait partie des bons crus : plus de 100 long-métrages de qualité, des dizaines de courts et des documentaires.