Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

FREDERICK WISEMAN
Real fiction

Entretien réalisé
par Élise DOMENACH
et Derek WOOLFENDEN
le jeudi 23 novembre 2006

Remerciements à
Marco Ulrich, Fabio Venturi
et Élodie Dufour
de la Cinémathèque française



Objectif Cinéma : Robert Altman est décédé il y a quelques jours à peine. Que représente-t-il pour vous ? Quels liens avez-vous entretenu avec ces cinéastes qui ont produit des fictions à Hollywood dans les années 1970, et développé un propos de critique de l’Amérique parfois assez acerbe (par exemple dans MASH, contre la Guerre du Vietnam) ? Avez-vous vu son tout dernier film, The Last Show ?

Frederick Wiseman : Je n’ai pas tout vu, mais j’ai vu beaucoup de ses films. Je ne suis pas un expert. Actuellement je travaille beaucoup ou suis en déplacements et je ne suis pas beaucoup allé au cinéma. J’aimais beaucoup les films d’Altman, en particulier Nashville qu’il a fait un peu comme un documentaire, mais je ne me sens personnellement pas très lié à lui. Je m’intéresse davantage aux livres. Parce qu’en général ils m’aident plus dans mon travail.


Objectif Cinéma : Y a-t-il des écrivains américains parmi les influences déterminantes pour vous ? Quand vous parlez de littérature, je m’étonne que vos références soient assez peu américaines...

Frederick Wiseman : Parce que je ne cite pas tous les auteurs qui m’intéressent ! Quelquefois je dis que les essais de Ionesco m’ont beaucoup plu. Même quand il parle de la façon dont on doit écrire des pièces, il parle aussi de montage pour moi... Mais je dis ça aussi un peu ironiquement : cette question de références à d’autres films, ou des livres, vous savez, ne m’intéresse pas beaucoup. Ces questions de relations sont pour les universitaires, pas pour moi.


Objectif Cinéma : Pourtant, ces références culturelles pèsent sur le contexte dans lequel vos films sont reçus. La littérature et le cinéma américain de l’époque et d’aujourd’hui forment un fond sur lequel s’inscrivent vos films pour le spectateur...

Frederick Wiseman : Oui, je n’ai aucune objection. Je dis seulement que ce n’est pas à moi de me placer de ce point de vue-là. Je n’ai aucune objection si quelqu’un d’autre veut le faire, mais je crois qu’il serait un peu prétentieux pour moi de le dire.