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HAPPY FEET
de George Miller
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Un manchot de l’Antarctique n’arrivera jamais à rien s’il ne sait pas chanter, et le pauvre Mumble est sans conteste le pire chanteur du monde. Son talent à lui, c’est... les claquettes, qu’il pratique en virtuose, avec une ardeur confondante. Bien que sa maman, Norma Jean, trouve ce don "tout à fait charmant", son père, Memphis, juge que "ça ne fait vraiment pas pingouin". Tous deux savent aussi que leur rejeton ne trouvera l’âme soeur que le jour où il saura pousser son "chant d’amour". Le hasard fait bien les choses : Gloria, la seule et unique amie de notre héros, est la meilleure chanteuse de la région. Mumble et elle sont copains depuis toujours, bien que cette gracieuse créature ait encore du mal à accepter son étrange "anomalie". Banni de la tribu, Mumble se lie avec les Amigos de Terre Adélie, un groupe latino exubérant, mené par Ramon...



On avait cru comprendre que l’ordi remplacerait un jour, au moins en partie, l’homme, sa main en tout cas. Or, lorsqu’on parcourt de nos jours le déroulant final d’un film ayant nécessité ne serait-ce qu’un de ces effets dits « spéciaux », générique défilant en général à toute blinde et affichant crédits et débits de l’opus, parfois sur plusieurs colonnes, comme c’est le cas de Happy Feet, on constate que, bien au contraire, la main d’oeuvre humaine n’a jamais été aussi nombreuse. Alors que dans le cas d’un film expérimental, par exemple, un seul nom, celui de l’auteur, suffit amplement à régler la question du copyrightage, que pour un film « auteuriste » une dizaine de zozos font amplement l’affaire, dès qu’il s’agit de la plus simplette sornette à la Besson, une historiette de miniboys ou minitoys à la noy, des centaines de patronynes s’affichent illico presto et, aussi sous-payés soient-ils, deviennent vite gonflants sur le plan esthétique (goût moyen garanti) que sur celui de la facture. Une armée mexicaine (américaine plus exactement) de petites mains, de trentenaires binoclards probablement renforcée de « stagiaires » obtenus gratos à la sortie de leur école d’arts infographiques, a donc été réquisitionnée pour donner jour au dernier cartoon de la mère Warner.

A ce corps de pré/para/post-production a été mixé un casting vocal (en v.o. du moins) des plus fastueux (avec, pour ne citer qu´elle, la Grande Nicole), lequel, même au tarif syndical de base de tous ces acteurs sexagénaires plus ou moins ratés, recyclés dans la synchronisation, vieux de la vieille qui s’escriment à prendre les voix fluettes de fillettes ou de garçonnettes pour ces dessins animés qui décervèlent depuis une trentaine d´années au moins des milliards d´enfants à travers la planète, a dû coûter bombonne.