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MONSIEUR JOÉ
MIGHTY JOE YOUNG

De Ernest B. Schoedsack
Par François JUSTAMAND et Pascal LAFFITTE
Merci à Jean-Louis SARTHOU, René RENOT et Philippe COPIN

SYNOPSIS : Nous sommes en Afrique noire dans les années 40. Jill Young (Lora Lee Michel) est une petite fille qui achète un jour un bébé gorille à deux indigènes. Quelques années plus tard, Jill est devenue une ravissante jeune fille (Terry Moore) et Joé, un gorille d’une taille et d’une force exceptionnelles. Jill se laisse persuader par Max O’Hara (Robert Armstrong), un promoteur opportuniste, que son avenir n’est plus en Afrique et que son gorille et elle doivent partir avec lui à Hollywood pour être les attractions d’une boîte de nuit. Les choses ne vont pas se passer aussi bien que O’Hara les avait prévues...



ANECDOTES

Alors âgé de 13 ans, Ray Harryhausen voit au cinéma pour la première fois, King Kong (Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, 1933). Ce film lui révèle sa vocation : l’animation. Il apprend alors les rudiments de l’animation image par image, en faisant de très courts films dans le garage familial, improvisé studio pour l’occasion. Grâce à un ami, Ray Harryhausen a la chance de rencontrer Willis H. O’Brien. Cet ancien dessinateur s’occupant d’effets spéciaux depuis 1914, et ayant participé à ceux de King Kong, prodigue de précieux conseils au jeune homme, notamment celui d’étudier l’anatomie pour améliorer le réalisme des créatures qu’il anime. Après son retour de l’armée, Harryhausen s’essaye à la création de courts-métrages pour enfants : Le Petit Chaperon Rouge, Hansel et Gretel, Rapunzel. Le petit film Le Lièvre et la Tortue devait être le dernier de la série, mais son créateur n’a que le temps d’en réaliser quelques minutes. En effet, Willis O’Brien appelle Harryhausen pour lui proposer de travailler sur Monsieur Joé (Ernest B. Schoedsack, 1949). Le gorille géant, héros du film n’est en fait qu’une poupée de 30 centimètres, animée image par image, que Harryhausen aida O’Brien à dessiner, tandis que Marcel Delgado se chargea des extérieurs. Au final, Ray Harryhausen estime avoir animé 85 % des séquences mettant en vedette le gentil singe. Par souci de rendre plus vivante la créature, l’animateur lui donna la particularité de taper sur le sol, à chaque fois qu’elle était en colère. La scène du tir à la corde, opposant Joe à l’ancien poids lourd Primo Carnera, est l’une des plus spectaculaires de Monsieur Joé, du fait qu’elle intègre parfaitement le procédé de l’animation image par image, avec des prises de vue réelles. Un mélange qui deviendra la marque de fabrique de Ray Harryhausen dans ses animations ultérieures, notamment celles visibles dans Le Septième Voyage de Sinbad (Nathan Juran, 1958), Le Voyage Fantastique de Sinbad (Gordon Hessler, 1973) et Sinbad et l’Oeil du Tigre (Sam Wanamaker, 1977). Il est à noter qu’une suite à Monsieur Joe avait été prévue dès 1950, intitulée Joe Meets Tarzan. Le gorille aurait ainsi dû partager l’affiche avec Tarzan, incarné par Lex barker, qui venait de finir de jouer dans Tarzan et la Belle Esclave (Lee Sholem, 1950). Malheureusement, le film resta à l’état de projet, à cause des résultats décevants de Monsieur Joé au box office américain. Il y eut cependant un remake tardif des aventures du gorille pacifique, titré Mon Ami Joe (Ron Underwood, 1998), dans lequel l’animation image par image laissait la place aux images de synthèse, nettement moins poétiques...