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D.R.
PHILIPPE VIDECOQ
Adaptateur et directeur artistique
Entretien réalisé
le 9 décembre 2006
par François JUSTAMAND

En près de 30 ans de carrière, Philippe Videcoq a fait de nombreuses directions de plateau et adaptations, avant de se consacrer exclusivement à cette dernière discipline (avec le sous-titrage). Son métier lui a fait côtoyer des univers artistiques très différents : de Disney à James Bond, en passant par L’étrange Noël de M. Jack.

Rencontre avec un - passionné et passionnant - professionnel de l’ombre dont le talent est bien reconnu par les représentants français des Majors américaines de films.



La Gazette du doublage : Pouvez-vous nous dire quel parcours vous avez suivi pour devenir adaptateur ?

Philippe Videcoq : J’ai suivi des études de lettres classiques et d’anglais, me destinant au départ à l’enseignement. Adolescent, alors qu’il n’y avait encore ni DVD ni même VHS, je m’amusais à comparer les versions originales et françaises des dessins animés de Disney sur les 33 tours qui reprenaient les bandes son des films. Passionné d’animation, j’ai noué des liens avec l’équipe française de Walt Disney Productions, qui m’a proposé de la rejoindre en 1978 au département publicité. J’y suis resté neuf ans, et, parmi mes attributions, je contrôlais les textes des adaptations VF des films.

D.R.Je me souviens de longues discussions concernant les chansons de Peter et Elliott le dragon avec leur adaptateur, Georges Tzipine, et d’une relecture pointue de l’adaptation de Tron par Georges Dutter, où il fallait concilier clarté des dialogues et précision du vocabulaire informatique. J’y ai découvert l’importance des recherches qu’il nous faut parfois effectuer pour maîtriser tel ou tel vocabulaire, et j’ai ainsi connu plusieurs des auteurs de l’époque : Anne et Georges Dutter, Fred Savdié, Claude Rigal-Ansous, Natacha Nahon... J’ai très vite su que je me lancerais un jour moi-même dans l’adaptation, ce que j’ai fait lorsque le bureau français a fermé (avant de renaître sous d’autres formes) en 1987.

La Gazette du doublage : Vous avez fait également de la direction de plateau. Comment cela est-il arrivé ?

D.R.Philippe Videcoq : Il ne faut jamais perdre de vue que nous n’écrivons pas des textes destinés à être lus, mais des dialogues, et le moment où ils prennent vie est toujours magique. J’avais assisté très tôt à des séances d’enregistrement, et j’ai rapidement eu envie de suivre un projet jusqu’au bout en dirigeant moi-même le plateau. Je l’ai fait pour la première fois sur un film Disney sorti en vidéo, Darby O’Gill et les Farfadets (film de 1959 mais synchronisé en février 1987 chez Télétota, NDRL), un de mes tout premiers doublages. J’ai fait une dizaine d’années de direction artistique, et je dois dire que c’est une expérience très enrichissante à plus d’un titre. D’abord, ça oblige un auteur à s’affranchir de la contrainte du synchronisme et à prendre du recul sur son propre travail en n’hésitant pas à modifier une phrase s’il le faut. D’autre part, voir les comédiens se glisser dans un texte permet également d’adapter avec beaucoup plus de spontanéité.