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HOLLYWOODLAND
d’Allen Coulter
Par Frédéric CAMUS

SYNOPSIS : Ce serait l’histoire de Georges Reeves, qui a interprété Superman à la télé américaine, puis qui est mort. Suicide ? Ce serait l’histoire de Louis Simo, privé qui se dit que ça pourrait tout aussi bien être un meurtre. Et puis bien sûr, ce serait un peu l’histoire éternelle d’Hollywood.



On sort d’un film, les choses sont souvent simples : on a aimé, on n’a pas aimé. Avant de se cogiter sur le pourquoi de ce plaisir donné et reçu (dans le meilleur des deux cas), on a pour nous cette certitude, intime et farouche, que rien ne pourra jamais vraiment effacer. Et puis, il y a ces films que l’on quitte indécis, incapable de définir ou de comprendre ce qu’on ressent. Indépendamment de la qualité réelle de ce qu’on vient de découvrir, impossible de savoir spontanément, rien de rédhibitoire, pas de place non plus pour le décisif.

Deux histoires montées en parallèle, celle de George Reeves, interprète historique de Superman pour Kelloggs et la télé américaine, et celle de Louis Simo, détective qui enquête sur le suicide de Reeves. Se voulant un peu malin, le film joue sur deux séries de références (le Superman de feuilleton ou les turpitudes d’un acteur « pur » à Hollywood), le privé ultracodé, rejeton Chandlerien comment tant d’autres avant lui).

On comprend hélas très vite que malgré les ficelles d’un scénario trop évident, ces deux histoires ne vont pas se rencontrer. Deux raccords auraient pu peut-être les lier : le premier est un panoramique dont l’obscurcissement à mi-parcours s’affiche comme un aveu d’incompatibilité. Quant au second, l’éclair brutal et lumineux d’un coup de feu, il est invalidé par la mélancolie frelatée d’une musique lourdingue et d’un regard vide.

On cherche alors une autre correspondance, par exemple entre les deux hommes de cette histoire : George Reeves, propulsé héros populaire d’un petit écran qui le fera captif, et Louis Simo, alias le privé, dilettante, un peu frimeur, un peu filou, torve, profil bas et verbe haut, entraîné à la recherche obsédée de la "vérité", si possible en se faisant dérouiller (puisque c’est bien connu, tous les privés se font dérouiller, c’est même à ces occasions que les méchants de l’intrigue leur révèlent par le menu qu’ils sont vraiment méchants). Louis Simo est surtout un porte-manteau, rendu inévitable par un scénario soucieux avant tout de packaging, ou comment maquiller en polar l’histoire triste d’une vie empêchée. Simo (Adrien Brody à la peine) et les caricatures qui emplissent son univers enfilent les scènes à faire sans susciter une quelconque tension, au mieux un faible intérêt. Le récit, lâche, est encore plombé par une intrigue familiale bête (Simo est séparé de sa femme, son fiston supporte mal la mort de Superman...) qui proposerait elle aussi comme un autre pont entre les deux histoires (innocence perdue, poids des responsabilités, la vie qui s’échappe, le sort qu’on ne contrôle pas...) si son traitement n’était pas si plat et convenu.