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LA CRITIQUE ET LE CINEMA EXPERIMENTAL
Compte-rendu de la table ronde sur les difficultés rencontrées par la presse pour traiter du cinéma expérimental ou différent
Paris, le 9 décembre 2006
Retranscription Cédric Lépine

Cette initiative a été prise par Bernard Cerf, directeur du Festival des cinémas différents de Paris, dans le cadre de la 8e édition de ce festival qui s’est tenue au centre culturel la Clef entre le 8 et le 17 décembre 2006.

Étaient présents : Raphaël Bassan, Bernard Cerf, Franck Senaud, Isabelle Blanche, Sabine Ehrmann, Sirine Fattouh, Bidhan Jacobs, Cédric Lépine, Marcel Mazé, Waël Noureddine, Laurence Rebouillon, Vincent Ostria, Victor.



Bernard Cerf : Je vous propose, dans un premier temps, pour cette table ronde ayant pour thème “ critique et cinéma expérimental : méconnaissance ou rejet ? ” de faire un tour de table pour que chacun puisse se présenter. Il s’agit de savoir comment vous en êtes venus à la critique et quel est votre rapport à l’écriture à l’égard d’un cinéma non-narratif.

Sabine Ehrmann : Je suis peut-être la plus éloignée du sujet, puisque je connais le cinéma expérimental en tant qu’amatrice de cinéma. En outre, j’ai très peu écrit. Mais j’ai voulu venir parce que je fais une thèse à Paris I dont toute une partie est consacrée à la critique de la photographie, qui est un autre art non-narratif et qui pose certains problèmes qui, à mon avis, rejoignent ceux posés par le cinéma expérimental. Par ailleurs, je suis photographe, j’ai fait quelques films, j’enseigne la photographie. J’ai collaboré récemment à la Gazette du festival et cela m’a conduit à réfléchir sur ce qu’était le cinéma expérimental en m’amenant également à revisiter la notion de critique.

Bidhan Jacobs : Je suis doctorant en études cinématographiques à Paris I sous la direction de Nicole Brenez. Je suis venu tardivement au cinéma expérimental. En maîtrise, suite à une certaine sensibilité à l’image floue, j’ai initié une recherche esthétique et technique sur un certain nombre de films relevant de l’industrie du cinéma. Ce qui m’a amené en DEA à explorer le trésor qu’est le cinéma expérimental mais aussi l’art vidéo et numérique. Il y a un an, j’ai été sollicité par la revue Stardust memories, qui est en fait un journal alternatif d’actualité cinématographique, également en ligne, pour écrire, en me donnant carte blanche. J’ai, à partir de ce moment-là, commencé à imaginer la critique comme proposition inventive, fragile d’une intimité bouleversée, par ces films qui sont eux-mêmes dans l’expérimentation pure. Cela m’a donc semblé très logique d’aller vers l’expérimentation. Depuis, j’essaye d’initier un certain nombre de pistes possibles pour écrire sur le cinéma et l’une de ces voies est la voie poétique. Il s’agit d’utiliser toutes les ressources du langage et de l’écriture et de la matière alphabétique tout en partant d’analyses pointues traditionnelles. Ce qui me semble vraiment important, c’est d’écrire sur ce que je veux et de la manière que je veux. L’opportunité s’est présentée pour moi dans le cadre de la revue Turbulences vidéo, revue d’art vidéo et numérique mais ouverte à l’art en général. Il me semble important de proposer une nouvelle critique qui soit digne de l’objet qu’elle étudie et qu’elle aille au-delà.