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PAVILLON NOIR
de Frank Borzage
Par François JUSTAMAND
et Pascal LAFFITTE
Remerciements aux Archives
Françaises du Film (CNC)
à Yvan FOUCART,
Maurice LE BORGNE
et René RENOT

SYNOPSIS : Au cours d’une violente tempête, un navire d’immigrants hollandais en route vers le nouveau monde, commandé par le capitaine Laurent Van Horn (Paul Henreid), s’échoue sur les côtes de la Nouvelle Grenade. Le gouverneur espagnol et vice-roi Don Alvarado (Walter Slezak) refuse toute aide à Van Horn et au restant de son équipage, et le jette au cachot en attendant sa pendaison. Là, avec l’aide de trois compagnons de geôle qui deviendront ses amis, Van Horn s’évade de la prison de Carthagène. Quelques années plus tard, Van Horn est devenu le célèbre pirate Barracuda. Une opportunité de se venger d’Alvarado se présente à lui : enlever la comtesse Francisca (Maureen O’Hara), venue se marier avec le vil gouverneur espagnol...



ANECDOTES

Deuxième film en Technicolor du studio RKO après Becky Sharp (Rouben Mamoulian, 1935), Pavillon noir est l’un des derniers films du très prolifique cinéaste Frank Borzage, dont la carrière remonte au temps du muet. Le spécialiste des histoires d’amour mélodramatiques, se retrouve chargé de faire place belle à l’action, en mettant en image une histoire de pirates dans la lignée des succès de l’époque : Capitaine Blood (Michael Curtiz, 1935), L’Aigle des mers (Michael Curtiz, 1940) et Le Cygne noir (Henry King, 1942). Paul Henreid, qui restera pour beaucoup de spectateurs, le mari assez fade d’Ingrid Bergman dans Casablanca (Michael Curtiz, 1942), endosse cette fois-ci les atours d’un pirate, se disputant les faveurs d’une altière aristocrate, avec le tyran de l’île de la Nouvelle Grenade. Comme dans Le Cygne noir, Maureen O’Hara joue la rousse au tempérament volcanique, dont on sait bien que la répulsion première pour le héros, se transformera vite en passion dévorante ! L’actrice refera quelques incursions dans l’univers des pirates, avec notamment À l’abordage (George Sherman, 1952), où elle partageait la vedette avec un Errol Flynn de plus en plus miné par les excès. Don Juan Alvarado, le cruel gouverneur de Pavillon noir, est campé par Walter Slezak, qui se révèle aussi méchant dans ce rôle, qu’il sera sympathique en brave professeur, meilleur ami de Cary Grant, dans On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz, 1951). On remarquera que Binnie Barnes incarne une certaine Anne Bonney, femme pirate ayant véritablement existé, dont s’inspirèrent les scénaristes de La Flibustière des Antilles (Jacques Tourneur, 1951), pour créer le personnage tragique du Capitaine Anne Providence, immortalisé par Jean Peters. A sa sortie, Pavillon noir fut couronné d’un succès atteignant 1,5 millions de dollars, et valut un Oscar à son directeur de la photographie, Georges Barnes.


LE DOUBLAGE

L’adaptation de Pavillon noir est signée Charles Dorat et la direction artistique a été confiée à Daniel Gilbert. Arrêtons-nous un peu sur la carrière de ce dernier. Avant de diriger des doublages, Daniel Gilbert était comédien. Il faisait parti de la troupe de Charles Dullin. Il a joué le rôle du noyé dans Village, la pièce d’André de Richaud, a créé des pièces de Vitrac...

D’après le comédien/auteur de doublage, Marcel Duhamel, Daniel Gilbert avait une verve et un entrain qui rompaient la monotonie des journées passées dans le noir des studios. Il faisait rire ses collaborateurs au doublage comme il amusait ses camarades de chez Dullin.