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MR & MRS SMITH
d’Alfred Hitchcock
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Un homme apprend que son mariage est invalidé pour des raisons légales. Au lieu d’annoncer cette nouvelle à sa femme et de lui demander de le ré-épouser, il cherche à tirer profit d’un statut de célibataire dont il garde, au fond, la nostalgie...



On le pressentait. Toujours se méfier. Des critiques. Des programmateurs. Suffit pas, suffit plus, qu’Action, La Pagode ou L’Arlequin proposent pour qu’on dispose les yeux fermés. Où sont les neiges d’antan ? Que sont les ciné-clubs devenus ? Salles déglinguées, fauteuils mollassons, loupiotes d’exit anti-mouches ? Prou d’essai et peu d’art. Tous ugécisés, mkd’médeuzisés, de nos jours. Désaliéné, on a arrêté l’herbe à Nicot, on boycotte la télé, à commencer par Arte et sa prog convenue, trustée par les Fenouillard du 7e art, les mêmes qu’au BHV ou qu’à Cannes. Le tout, avec le produit de MA redevance, oui m’sieur Poujade, oui ma’ame MAM, oui mam’zelle Le Roy. Les Thénardier de la toile de jouy diffusent à tire-larigot, massacrent allègrement, en vf, siouplaît - à TF2 ou à Fr6, au moins, ils passent des séries, la forme titille un peu l’arrière-fond. En cinéma (on dit : « en cinéma » mais : « à Avignon »), c’est comme en poésie. Comme en humour - art suprême. Rare, d’avoir son dû. Pas facile d’y trouver ses petits ou son chemin. Mènent tous à Cinecittà. Ou à Cincinatti. Peu de matière à rire. C’est que c’est du boulot, gagman. Sexe et du travail. Frapper là où y faut. Au bon moment. A celui où on ne s’y attend plus. Question de rythme. Non de dialogue. De tempo. Histoire sans paroles. Un gus se casse la figure sur du Jean Wiener. Pas de blabla. Pas de problème. Pas de souci en vue.

Hitchcock, c’est une info, a pondu un gros nanard. Monsieur et Madame Smith, ça s’appelle en français. Une suite à Mr. Smith Goes to Washington. C’est pas tout jeune, mais ça vient de sortir. Pas complètement raté, d’ailleurs. Les acteurs sont là, bien là. Tous castés comme il faut, jusqu’au chauffeur de taxi. Crédible, Carole Lombard, le visage buriné à coups de drille et de trépan. L’entaille d’un dérapage incontrôlé du Pitanguy californien de l’époque orne encore sa joue gauche. Blonde platinum de service, fait l’office. Déterminée, inflexible, espiègle. Embuée dans son églogue avec un Robert Montgomery faussement pataud, ironique, malicieux. Tous deux dirigés. C’est déjà beaucoup. Pas assez. Un théâtre pas gueulard. Une mise en scène d’hier mais qui ne date pas. Ce n’est pas la question.