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JACQUOU LE CROQUANT
de Laurent Boutonnat
Par Thierry ATTARD
Remerciements
à Nathalie PLANSON

SYNOPSIS : 1815, Jacquou Féral, neuf ans, vit dans la forêt périgourdine avec ses parents. Son père, ancien soldat de Napoléon et métayer du très arrogant comte de Nansac, est condamné pour le meurtre du régisseur des terres de ce dernier, puis sa mère meurt de chagrin et de maladie. Seul dans une région froide et hostile bouleversée par les soubresauts de l’Histoire, il est prêt à se laisser mourir par désespoir. Mais il est recueilli par le curé Bonal et sauvé par Le chevalier. Jacquou grandit sous leur protection et mûrit sa vengeance.



« L’impression que me donne le fait de tourner un film est à chaque fois la même. Il y a là un phénomène extraordinairement suggéré d’intemporalité. » (Stanley Kubrick pour le New York Times, 1987)


LA BALLADE DES FAITS CONDUCTEURS

D.R.La biographie de Laurent Boutonnat, réalisateur, compositeur, pygmalion de Mylène Farmer - l’artiste la plus intéressante et la plus créative de la chanson francophone de ces 25 dernières années, homme aux multiples talents et bien plus encore, relève quasiment de la mythologie populaire aussi point n’est besoin de réécrire des chapitres mille fois explorés en d’autres lieux.

Laurent Boutonnat réalise son premier film en 1980, Ballade de la Féconductrice, exploité durant deux semaines dans un cinéma parisien mais doit attendre six ans avant de tutoyer le génie avec un film. Lui qui rêve de cinéma voit ses images rentrer directement dans la grande Histoire, mais pas celle du Septième art, celle d’un moyen d’expression artistique récent qui s’appelle le clip musical.

« Parmi les jeunes metteurs en scène américains je ne vois guère que Kubrick » (Orson Welles)

1986, la France négocie bien mal sa fin de siècle, coinçée entre le phantasme du règne de l’Empire du Soleil Levant et les sirènes du libéralisme reaganien ; elle se cherche culturellement et le vent de transgression intellectuelle et artistique qui a soufflé les premières années de la décennie n’est plus que le vague souvenir d’un courant d’air passant sous la porte fermée de la rigueur (à part peut-être sur l’ilôt Canal Plus).

Libertine ne se contente pas d’illustrer en images la chanson de Mylène Farmer, c’est un véritable film de 11 minutes avec de somptueux décors et costumes historiques, une véritable bande originale, des figurants et bien d’autres ingrédients dignes d’une super-production. Laurent Boutonnat se fait son petit Barry Lyndon avec Farmer dans le rôle principal.

Bien plus que la scène du bain ou la scène érotique - audacieuse selon les critères moraux de l’époque, surtout pour le petit écran - où Boutonnat sublime la présence et les charmes de la chanteuse, on retiendra le duel d’ouverture et surtout un « catfight » d’anthologie entre Libertine (Farmer) et sa rivale (Sophie Tellier) devant des nobles emperruqués, poudrés et médusés.