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FLORIAN HENCKEL VON DONNERSMARCK
Réalisateur
Par Marion KLOTZ

Le 24 Janvier dernier, j’arrivais alletante à un « rendez-vous » qu’à cause des dédales des petites rues du sixième arrondissement j’ai failllit manquer. Finalement, je débarquais dans le cosi et luxueux hôtel d’Aubusson avec un peu d’avance ; juste ce qu’il faut pour se débarrasser d’écharpe, bonnet, tension et retrouver son sang froid face au grand, très grand Florian Henckel von Donnersmarck dont j’interrompais le repas...depuis, j’ai cessé de croire aux cinq minutes de courtoisie...et n’avouerais pas (ou presque)que c’est par l’élégance allemande que j’allais être conquise. Disons simplement qu’il fallut son lot de « off the record » pour que l’entretien ici retranscrit avec passion, raison et émotion soit ce qu’il est : le résultat d’une rencontre simple et en même temps hors-norme avec ce grand monsieur qui rase de près le plafond et a semble-t-il bien l’intention d’atteindre des sommets. Entre nous, c’est tout le mal qu’on lui souhaite.



Objectif cinéma : On parle beaucoup du renouveau du cinéma allemand, même de Nouvelle-Vague, dont les chefs de file sont des jeunes réalisateurs comme Christoph Hochhaüsler, Ulrich Köhler, Matthias Luthardt ou encore Angela Schanelec. Comment vous positionnez-vous par rapport à tout ça.

Florian Henckel Von Donnersmarck : Mais il n’y a pas de Nouvelle Vague ! Je crois que leur travail est bien plus reconnu en France qu’en Allemagne où cette Nouvelle-vague n’est pas si remarquée que ça, bien que Christoph Hochhaüsler est vraiment un ami. C’est une personne avec laquelle j’ai souvent parlé de mon scénario quand je le développait. En effet, nous avions un bureau et on se voyait tous les jours. Mais je crois que le fait que certains acceptent le label « Nouvelle Vague » ou « école berlinoise » - comme on dit en Allemagne - s’explique par des questions d’avantages politiques. Chaque fois que l’on parle d’Ulrich Köhler, on parle de Christoph Hochhaüsler ou de Benjamin Eisenberg et voilà, ça multiplie la présence ! Je ne me sens pas faire partie de cette Nouvelle-Vague. Je suis même très étonné que des réalisateurs acceptent le fait qu’on dise qu’il existe une « école ». Je crois que quand on est auteur de films, il est tellement important de n’être rien d’autre qu’un individualiste et de vraiment chercher sa propre façon d’exprimer quelque chose. Si on se trouve faisant partie d’un groupe... n’est-ce pas contre nature ?! On se dit alors « comment est-ce que je vais diriger cet acteur , ect » et on le fait comme le ferait les autres membres de son « groupe ». Ce n’est pas possible !


Objectif cinéma : Votre réaction n’est pas étonnante quand on voit à quel point dans votre film le « groupe » est effrayant !

Florian Henckel Von Donnersmarck : (rires) Non mais vraiment je trouve que c’est l’horreur ! cette idée d’école, n’a rien à faire avec l’Art ! C’est la fin de l’art s’il y a des décisions de « groupe ». Et donc pour mon film, le plus important était d’abord d’avoir un contrat qui spécifie que si je veux que ce film ait une longueur de 22 minutes ou de 4 heures, ce soit possible. Il est très important que je puisse faire les choses les plus folles, un film érotique où on montre le nu intégral, ou même un film pour enfants. L’Art n’a rien à faire avec la politesse ! Si les conditions du contrat vous forcent à être poli vous le serez par pragmatisme et le film le sera aussi et donc l’Art le sera aussi. Alors, c’est le début de la fin.