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BERLIN ALEXANDERPLATZ
de Rainer Werner Fassbinder
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Adaptation du roman d’Alfred Döblin paru en 1929, détaillant la vie sans joie du petit peuple et des lumpen berlinois durant la République de Weimar.



57e Berlinale. Réalisé en 1979 dans une version de quinze heures trente, ce film, ou plutôt ce téléfilm, ou plutôt cette série de télé improbable, en treize épisodes et un épilogue, co-produite par la RAI et la WDR, adapte le roman d’Alfred Döblin, quasiment en temps réel (le temps de sa lecture), sur un tempo lent, en insistant plus sur les personnages et leur monde intérieur que sur les décors réels, de toute façon totalement détruits durant la seconde guerre mondiale, parfois reconstitués en studio, parfois vaguement ressemblants aux photos qui émaillent les génériques des différentes parties.

Nous n’avons pu tout voir de cette entreprise titanesque, dans laquelle une foule de personnages interviennent au cours du récit (ou plutôt du collage littéraire) tiré de Döblin et attendrons la vision du coffret de DVD édité par la Fondation Fassbinder à l’occasion de la restauration vidéo de ce film initialement tourné en 35mm.

La reconstitution historique est soignée. Le film se présente aussi comme un travail dramatique, au sens noble du terme, un état du théâtre allemand à la fin des années 70, en même temps qu’une mise en scène permettant à la troupe, élargie à de nombreuses personnalités et connaissances personnelles de Fassbinder, de s’exprimer.

Le travail de restauration a apparemment surtout consisté à étalonner et à renforcer la luminance du film, chichement éclairé à l’époque (les scènes d’intérieur sont les plus nombreuses et le réalisateur ne résiste pas à la tentation d’un bon contre-jour, la séquence tournée dans le métro montre que la production s’est contentée de l’éclairage in situ de ces magnifiques lampes datant des années vingt ou trente encore en place) et dont la diffusion fut catastrophique sur les petits écrans, les spectateurs moyens se plaignant de la qualité technique hors norme de l’image (on aurait pu, ce n’est pas trop tard d’ailleurs, se contenter de diffuser le son sous forme de série radiophonique).