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I WAS
A SWISS BANKER

de Thomas Imbach
Par Nicole GABRIEL

SYNOPSIS : Un conseiller en placement découvre l’amour éternel sur une île déserte.



L’eau et les rêves ou : I Was a Swiss Banker

Ce n’est pas du tout ce que l’on croit. C’est le monde de l’eau douce et du conte, des trois souhaits et des petites sirènes, de la fée qui est une walkyrie et de la grand-mère chef d’entreprise. Car l’eau est, comme l’argent, l’élément de l’ambiguïté, de la séduction et des métamorphoses. Tout cela se passe sur le lac de Constance, aux trois rives - allemande, suisse et autrichienne -, lieu de tous les trafics, l’endroit où l’on plonge : car c’est là que Roger, le tout jeune « banquier suisse » au regard de velours d’un ragazzo de Naples, appuie sur le champignon quand un douanier lui demande ce qu’il transporte dans sa sacoche rouge. Roger transgresse.

Est-il mort ? Ou bien joue-t-il aux gendarmes et aux voleurs ? En tout cas, il est illégal. Il passe sous l’eau, sur l’eau, par les fenêtres, il s’envole en parapente, croise de grands bateaux, se bat contre un hélicoptère. La question est toujours : la bourse ou la vie ? Quand Roger lâchera-t-il sa sacoche pour la vraie vie ? Pas pour la bergère qui, sous une tente rouge, garde des moutons noirs. Pas pour la seconde, l’automobiliste issue la civilisation et de la brutalité, qui amoche une brebis et convoite les billets doux. Ni la troisième, Zahara ou Zohar, la Palestinienne serveuse dans un bar qui s’exerce au combat pendant sa pause : elle trouve Roger envahissant. Alors Buna la jardinière, belle comme une princesse des mille et une nuits, qui danse, l’attire, le repousse ? Nenni. Ce sera la Meerjungfrau, l’Ondine qui donne des cours de plongée sous-marine. C’est la plus étrange qui le ramènera à la réalité : elle lui annonce la venue d’un enfant et la fin de la vie subaquatique. Le réveil ?

C’est une arabesque, la figure de prédilection du romantisme allemand. Quasi una fantasia, comme on le dit en musique. Pleine de murmures, de chuchotis, de chansons et de mots d’amour dans toutes les langues de la Confédération helvétique, le schwytzerdütch qui donne le ton, guttural, montagnard, jovial, le romanche comme la langue des oiseaux, et des ballades et des berceuses gazouillées en turc, ou dans des langues nordiques, le sait-on ?