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NE TOUCHEZ PAS
LA HACHE

de Jacques Rivette
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Armand de Montriveau, général français, débarque dans une île espagnole lors de l’expédition française pour rétablir l’autorité de Ferdinand VII. Dans le monastère qu’abrite cette île, il découvre que sœur Thérèse est la femme qu’il recherche depuis cinq ans. Il obtient l’autorisation de la voir en présence de la mère supérieure.
Cinq ans plus tôt...
L’histoire se passe sous la Restauration. Dès leur première rencontre, le général Armand de Montriveau tombe follement amoureux d’Antoinette de Navarreins, coquette parisienne et épouse du duc de Langeais. Cette dernière s’amuse à le séduire mais se refuse à lui. Comprenant que la duchesse manœuvre et ne cèdera jamais, Montriveau décide alors de se venger...



57e Berlinale. Balsa zéro zéro un. Art mineur, publicité. Toujours se méfier des contrefaçons. La Duchesse de Langeais, ç’aurait eu autrement plus de gueule, de classe, que ce Ne touchez pas la hache, qui sonne un peu comme celui d’un film tourné naguère dans le trou du cul des Halles par Marco Ferreri. Le génial et généreux Balzaco étant dans le domaine public, ce sont donc des auteurs de seconde main, un quarteron de tâcherons, qui ont « adapté » sa fable, sans parvenir toutefois (mais l’ont-ils tenté ou même souhaité, payés qu’ils sont à la minute diffusée sur Arte ?) à la réduire à une durée raisonnable d’une heure trente (le film, sans jamais être totalement ennuyeux, fait bêtement, machinalement, inutilement, comme tous ceux du festival, du reste, au moins une heure de trop).

Complètement gaga (il n’est pas le seul : cf. Téchiné et son Emma Béate), le cinéaste, amateur de religieuses (cf. à ce propos la scène-clin d’œil-hommage à Renoir dans laquelle le couple en négatif, celui des domestiques, se partage en cuisine les restes pâtissiers du confesseur de la noble bigote), comme on le sait, a été fasciné par une comédienne de théâtre qui a probablement eu, elle aussi, la vocation mais qui nous paraît tout de même quelque peu surcotée, pistonnée, poussée un max par les dithyrambes des grenouilles de bénitier du petit monde dramatique français. Tout au plus correcte sur scène (quoique pas enfiévrée par sa discipline comme, par exemple, jadis, Adjani), elle ne passe pas la rampe du grand écran, quoi qu’on en dise, et donne immédiatement l’impression d’être techniquement limitée, monotone, monocorde. On tente depuis quelque temps de la lancer au cinématographe en lui faisant adopter profil bas ou, comme ici, un jeu bressonnien minimaliste, en réduisant l’amplitude de sa gestuelle habituellement trop démonstrative ou illustrative, en canalisant le côté gueulard, m’as-tu-vu, qu’ont les cabotins des planches hexagonaux. Peine perdue. La jeune femme (pas si jeune, en fait, déjà pratiquement quadra et, du coup, décalée, en porte-à-faux, ne collant pas vraiment à l’emploi qui lui est offert : rappelons que l’héroïne, chez Balssa, est une blondinette d’une vingtaine d’années) nous déçoit à chacune de ses interventions dans ce film. Et dire que ce n’est pas la pire comédienne de sa génération !