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BORDERTOWN
LES OUBLIES DE JUAREZ

de Gregory Nava
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Une journaliste enquête sur une série de meurtres commis aux abords d’usines américaines situées à la frontière de Juarez et d’El Paso. Entre les intérêts américains, les pots de vins et la collusion des notables mexicains locaux, les pistes vont s’avérer dangereuses pour les téméraires représentants de la presse...



57e Berlinale. On se doutait que ce serait une nanardise de plus, dans la filmographie universelle comme dans la carrière de la chanteuse callipyge latino Jennifer Lopez, comédienne à 16 heures précises, pas plus tard, et pas plus tôt. Mais, on ne sait pourquoi, on y a tout de même été, on y est quand même allé. Pour voir. Comme si le contenu pouvait sauver les apparences, autrement dit, la forme. Rien à faire, faut reconnaître. Quand les formes ne sont pas de mise, le reste ne résiste pas. Ne tient pas la route. La distance.

La question des femmes déracinées, délocalisées, surexploitées (payées 5 dollars par jour), violées et même assassinées aux limites de la frontière qui sépare le Mexique des Etats-Unis, à Ciudad Juarez, dans le Chihuahua, dans une zone dite « franche », fiscalement et juridiquement parlant, un no woman’s land fait de "maquillas", des usines rudimentaires tournant 24 heures sur 24, produisant à bas prix du matériel électronique (on comprend que, dans ces conditions, le coût des écrans plats en 16/9es ait tendance à baisser, aux Etats-Unis comme chez nous), d’une agglomération urbaine assez dure, avec ses quartiers à putes, un centre-ville au trafic automobile incessant, cerclée de bidonvilles insalubres, où tout semble possible, où la police locale n’est pas bien regardante, où la presse libre ne peut exercer normalement son métier, était pourtant un sujet des plus intéressants.

Mais la balourdise de la réalisation, à coups d’effets sonores soutenus, soulignant tout élément entrant du récit, toute révélation visuelle, toute progression de l’enquête, ne mégotant jamais sur la quantité de décibels ou sur le soutien des infra-basses, la faiblesse des dialogues, l’absence d’analyse matérialiste des conditions conduisant à un nouvel esclavage né au vu et au su de pays dits développés, ne saurait apporter de crédibilité à une entreprise en apparence libératrice.