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ANGEL
de François Ozon
Par Sophie HAUBOIS

SYNOPSIS : Angleterre, années 1900. Angel Deverell, 17 ans, rêve de devenir un écrivain à succès et d’habiter Paradise House. Mais Angel n’est pas née dans un écrin doré comme Angelica, la jeune fille qui habite Paradise House. Elle, elle vit avec sa mère à l’étage de l’épicerie familiale. N’ayant presque jamais ouvert un roman de sa vie, elle a pourtant une imagination sans borne qui se déverse page après page du bout de sa plume. La nuit, le jour, assise ou allongée, elle écrit, écrit, écrit. Jusqu’au mot « fin » apposé au bas du manuscrit de Lady Irania. Elle l’envoie à un éditeur londonnien qui accepte de le publier. La condition d’Angel : pas une virgule ne sera changée. Théo dit oui malgré l’impétuosité de la jeune fille car il croit en son talent. C’est le début d’un succès foudroyant qui propulse Angel au rang de star populaire. Elle accède à tout : l’argent, l’amour, la gloire et surtout Paradise House, le domaine tant convoité. Mais Angel, perchée dans son monde, en oublie les conseils des gens qui l’entourent (Théo, son éditeur ; Nora, sa secrétaire personnelle ; Esmé, son mari ; sa mère) et va s’y brûler les ailes.



Angleterre. Costumes. Romanesque. Trois mots qui ne riment pas, a priori, avec le cinéma de François Ozon, qui nous aurait plus habitué à : France. Sobriété. Intrigue.

Enthousiasmé par Angel, le roman de l’écrivain anglaise Elisabeth Taylor écrit en 1957, Ozon traîne ce projet d’adaptation depuis plusieurs années déjà. Faute de pouvoir le financer et de travailler dessus, il tourne entre-temps et entre autre, Swimming Pool, qui explore déjà, dans un style totalement opposé, la personnalité d’un écrivain, son rapport à sa création, ses relations avec son éditeur.

Avec Angel, Ozon s’attaque donc au film en costumes, au tournage dans une langue étrangère et à un genre littéraire jusqu’ici inexploré par lui : le romanesque. Et il s’en donne à cœur joie !

Loin du style épuré qui fut le sien dans un certain nombre de ses précédents films, Angel est un déferlement, une surcharge : décors exorbitants, costumes extravagants, héroïne excessive, romantisme exagéré, couleurs explosives, montage extra visible... tout est porté à l’extrême. Angel le démon, qui porte ironiquement son nom, en fait trop. Entière, déterminée, égoïste, utopiste, indomptable, intransigeante et exigeante, elle peut agacer comme séduire, repousser comme charmer. Et réconforter. Par son tempérament de feu, ignorant toutes les conventions sociales, faisant fi de son sexe et de ses origines, Angel emporte tout sur son passage, et nous fait oublier deux heures durant, ces portraits de femme en demi-teinte trop souvent peints au cinéma.