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Ca commençait plutôt bien pourtant. Avec la tonalité de couleurs choisies (une palette de bruns, marrons, noirs, gris, blancs, et autres couleurs ternies ou délavées), avec l’impossibilité de dater les faits précisément mais avec la certitude qu’on remonte le temps quelque part en arrière, avec le visage attendrissant d’Alfred (Artus de Penguern) en gros plan, Delphine Gleize donne d’emblée à sa fiction une patte personnelle, une touche identifiable. On s’attend à entrer dans un univers à la Amélie Poulain ou La cité des enfants perdus ou encore Delicatessen. Quelque chose de fort, de très marqué, de très onirique, de très poétique, de dur et doux à la fois. Autant la mise en scène que l’usage précis et parcimonieux de la musique d’Arthur H. (aux accents tantôt jazzy tantôt rock contrastant avec le tranquille déroulé de l’intrigue) seront à la hauteur des prouesses précédentes de la réalisatrice, autant elle semble se fourvoyer complètement avec son sujet. Quelle étrange et improbable histoire ! L’étrangeté seule n’est pas un obstacle et d’ailleurs la réalisatrice s’en sort plutôt bien de ce point de vue, provoquant situations cocasses et amusantes. Mais plus que difficile d’y croire à ce vieillard (même si le vieillard se nomme Darry Cowl) qui joue l’enfant. Loin d’attendrir, il est pathétique, loin de toucher, il est ridicule.

Face à lui, le visage d’Artus de Penguern, vieux loup solitaire égaré, tendre et émouvant ; le dos voûté et la crinière blanche d’Esther Gorintin, petite mère extraordinairement plus vivante et pétillante que son fils : deux personnages interprétés par des acteurs très justes, très beaux et dont le portrait aurait suffi à faire un film. Le découpage est hasardeux à certains moments et le rôle secondaire de Valérie Donzelli ne trouve pas sa place. Ce deuxième long-métrage de la jeune réalisatrice a toute la ferveur et les maladresses d’un premier film, quand le précédent, Carnages, stupéfiait par sa maîtrise, son sujet, ses actrices et tenait les promesses de ses courts-métrages tous sélectionnés et/ou récompensés depuis Sale Battars, César du meilleur court-métrage en 2000.






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Titre : L’homme qui rêvait d’un enfant
Réalisation, scénario original : Delphine Gleize
Chef opérateur : Crystel Fournier
Chef décorateur : Yves Fournier
Monteur : François Quiquere
Ingénieur du son : Maxime Gavaudan
Montage son : Pierre André
Mixeur : Jean-Paul Hurier
Musique originale : Arthur H.
Production : Les productions Balthazar
Interprétation : Artus de Penguern (Alfred) ; Darry Cowl (Jules K.) ; Esther Gorintin (La mère) ; Valérie Donzelli (Suzanne) ; Rolande Kalis (L’assistante sociale) ;



 


2002 : Carnages (long-métrage), Festival de Cannes 2002 – Sélection Un Certain Regard
2000 : Les Méduses (court-métrage), Festival de Cannes 2000 – Sélection Semaine de la Critique
1999 : Un Château en Espagne (court-métrage), Festival de Cannes 1999 – Primé à la Quinzaine des Réalisateurs
1998 : Sale Battars (court-métrage), César du meilleur court-métrage 2000