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BORAT, THE QUEEN,
LITTLE CHILDREN

Par Elina LOWENSOHN

Elina Lowensohn était notre invitée lors de la séance de ciné-club Objectif Cinéma du mois de novembre 2006. Nous lui avons proposé une chronique, elle a accepté...



En route vers Paris, je me suis aussitôt mise à écrire... D’abord en train, puis en taxi, puis pendant mon vol, et, à nouveau, en taxi. En un mot, un long voyage s’offrait à moi pour mon retour des Etats-Unis où, chaque année, je passe un peu de temps avec ma mère. En général, pendant la période des vacances. J’aime voyager - même lorsqu’il s’agit de longues distances -, ça ne m’ennuie jamais. Dans ces moments-là, c’est comme si je me retrouvais dans un espace neutre. Un espace dans lequel je ne me sens plus liée à un seul et unique endroit, où le temps devient lui aussi neutre. Comme si finalement j’étais littéralement suspendue dans les airs.

Ma mère vit dans une très petite ville de Nouvelle Angleterre, dans le Massachusetts. Quand nous sommes ensemble, nous avons l’habitude de louer des films ou d’aller au cinéma le plus proche, le bien nommé « Artsy films ». Ces sorties lui permettent de voir ce qui se fait, même si elle apprécie peu souvent ce qu’elle voit, étant très critique. Pour ma part, ces moments me donnent l’occasion de m’échapper momentanément de la bulle de sa maison. Je suis également curieuse de voir des films que je n’irai pas forcément voir à Paris, par manque de temps devant le trop-plein de choix que cette ville offre chaque semaine. Ici c’est le contraire : trop de temps à tuer et presque rien d’intéressant à voir. Enfin, de mon point de vue... J’ai donc vu trois films pendant mon séjour là-bas. A première vue, rien d’assez excitant pour avoir envie d’en parler. Puis, j’ai repensé l’ “exercice” comme un réel challenge, décidée à me forcer à écrire sur des films que je n’avais pas tellement appréciés, motivée par la plus grande difficulté donnée ainsi à la tâche.

Parmi les trois films, il y avait Borat de Larry Charles, avec Sacha Baron Cohen. J’avais hâte de le voir, surtout suite aux échos positifs d’un bon ami à moi, dont j’écoute en général les conseils. La bonne surprise fut que je ris beaucoup, aux éclats même. Mais cette impression disparut à mon réveil le lendemain matin, ce qui n’est pas bon signe en général. Borat est à la fois un film malin, odieux, parfois vulgaire, plein de plaisanteries salaces qui fusent à droite et à gauche, et très acerbe avec la société américaine puritaine, l’attaquant d’un venin mordant. Je me suis aperçue ensuite que le film était sorti en France depuis un petit moment. Pourtant, je n’en avais absolument pas entendu parler. Allez savoir où je me trouvais à ce moment là... Idem pour Sacha Cohen, qui officie en Angleterre dans son propre show.