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ENTRE ADULTES
de Stéphane Brizé
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : L’affiche d’Entre adultes a fait son effet bœuf, et même son effet beauf, lorsqu’elle est arrivée en ville, qu’on la déroulée à l’aube et soigneusement encadrée, de façon concertée, au dos d’innombrables kiosques à journaux, tous peu ou prou identiques, designés par le nouveau pote à M. Delanoë, vous savez ? un certain JC, comme le messie de la pub, du (semi) abribus et de la vespasienne, Decaux...



Le lapin et la tache blanche

Qu’on le veuille ou non, fortement inspirée et par l’ambiance rétro et par les tonalités chaudes et par l’éclairage tamisé et par la blancheur de la dentelle, de l’affiche de L.A. Confidential, dans laquelle la deuxième Kim de l’histoire du cinéma (la première, Kim Novak, affichait, quant à elle, à l’occasion, son joli petit corsage dégrafé, et son mignon minois, non pour donner la gougoutte à son minet dans un décalque d’un René-pas-très-Clair sur les sorcières bien aimées, mais pour vendre la comédie Kiss Me Stupid) mettait en avant sa généreuse nature, l’affiche d’Entre adultes a fait de l’effet dès qu’elle est apparue en ville, sertie, essentiellement, dans les cadres gris métallisés des kiosques à journaux conçus par le marchand de vélos, vous savez ? le pote à M. Delanoë (cf. http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=4403&artsuite=1), M. Decaux... Très différente de celles utilisées lors des campagnes de dépistage du cancer (cf. par exemple celle de la Ligue contre le cancer ayant pour slogan « Cancer du sein, savoir : un atout santé » ou bien celle illustrée par une photo récente de Marlène Jobert ayant pour titre « Ne doutez plus de la santé de vos seins », ou celle émanant d’une autre association sur le thème « Cette femme a montré ses seins, elle a sauvé sa vie », en attendant celles de H&M avec Kylie Minogue), l’image est à la fois ambiguë (voilant ou dévoilant la place du cœur ? on ne saurait vraiment le dire), explicite (pas autant, naturellement, que le gros plan des réclames d’Infirmières jouisseuses  !) et suggestive, allusive (façon chemisier translucide de Change pas de main, par exemple). Macho, évidemment (on n’a pas trop entendu pour l’instant de réactions féministes négatives au choc de cette photo), mais pas seulement. Elle rappelle aussi, on ne sait pourquoi, l’affiche française de Viskningar och rop (Cris et chuchotements), qui avait un côté maternel rassurant avec ce sein nourrissier de grosse mamma fellinienne à la Amarcord (celui de Kari Sylwan), ces fesses et rondeurs rembourrés juste ce qu’il faut. Un certain âge et une certaine rondeur assumés (ni trop ni trop peu). Du noir et du blanc. La couleur et la valeur de la chair, également. Un aguichage, un affichage de la lingerie fine genre Aubade ou Emporio Armani, une forme de gaudriole à l’ancienne (celle des années cinquante, soixante, voire celle des années sans âge, du folklore hollandais à la Patrick Brueghel, des Aline et Alain Madelon de tous lieux et tous temps (cf. http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=4293&artsuite=1), des Dirndl servant des hectolitres de bière, à l’aise dans leurs pompes, bien dans leur corps recouvert d’un seyant et avenant costume bavarois), phénomène à replacer dans le goût du revival permanent. Cf. à cet Edgar l’engouement pour ce qu’on appelle le « New Burlesque », qui n’a rien à voir avec celui d’un Mack Sennett (cf. http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3705&artsuite=1) ou même d’un Benny Hill - même si ce génie comique excellait dans les deux genres et appréciait visiblement les filles un peu lestes, les danseuses légères et les numéros de cabaret un rien désuets.