Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

ANTHOLOGY FILM ARCHIVES
Rencontre
avec Andrew Lampert
Entretien réalisé
à Anthology Film Archives
le 24 janvier 2007
traduits de l’anglais
Par Muriel DREYFUS

Fondé il y a plus de 35 ans par Jonas Mekas et une bande de passionnés, Anthology Film Archives est un lieu unique à New York et sans doute en Amérique, entièrement dédié au cinéma indépendant et expérimental. Un cinéma, une galerie, un musée, la plus grande bibliothèque au monde sur le sujet et une impressionnante collection de films, ce lieu ouvert et international est aussi fortement implanté et investi dans la vie de son quartier, East Village. Rencontre avec Andrew Lampert, un de ceux qui font exister aujourdhui Anthology.



Objectif Cinéma : Quelle est votre fonction à Anthology ?

Andrew Lampert : Je suis archiviste et programmateur. Comme archiviste, je suis responsable de notre collection film et vidéo, c’est-à dire de tout ce qui concerne la vérification et la conservation, le catalogage et la restauration. La restauration consiste à prendre le meilleur matériel existant pour faire de nouveaux négatifs et de nouvelles copies. Tout ce matériel est conservé dans un endroit froid pour être en bon état dans le futur. C’est un aspect de mon travail. Je m’occupe aussi des gens qui viennent à Anthology, qu’ils soient étudiants ou autres... J’essaie de les aider à trouver les films, chez nous ou ailleurs. L’autre aspect de mon travail est programmateur. Je suis responsable de nos programmations et séries. J’ai trois séries régulières qui sont présentes dans chacun de nos programmes et puis en général, un certain nombre de projections uniques ou d’événements plus larges.


Objectif Cinéma : Nous y reviendrons. D’abord, parlez-moi un peu des débuts d’Anthology, l’histoire du lieu. Quelle était l’idée fondatrice ?

Andrew Lampert : Anthology se trouve dans l’ancien palais de justice de New York, dans East Village, à l’angle de la 2e avenue et de la 2e rue. Nous avons ouvert dans un autre bâtiment en 1970 et nous nous sommes installés ici en 1988, après plusieurs déménagements. Anthology a été créé par quelques personnes, dont Jonas Mekas, qui est toujours resté et est devenu notre directeur artistique. Leur idée était que le film indépendant, le film expérimental ou d’avant-garde, bien qu’étant reconnu, n’était pas collecté ou préservé par les musées ou les archives. Au début des années soixante, l’étude du cinéma en tant que forme artistique commençait. Et avec elle, la notion d’histoire du cinéma.

Jonas qui avait été critique au Village Voice, avait fondé la revue Film Culture et la Filmmakers’ Cooperative, et s’occupait aussi d’une série de projections, Cinemathèque, était vraiment au coeur de toute cette culture naissante du cinéma. Les universités et autres lieux qui essayaient d’enseigner le cinéma contactaient des spécialistes, des gens comme Jonas, pour leur demander : « Qu’est-ce qu’on doit montrer ? » Et après avoir dû répondre à cette question si souvent, il a pensé avec d’autres qu’il était temps qu’existe une institution consacrée au film comme forme artistique. Est-ce que c’est un endroit comme le MoMa, qui a une collection de films depuis les années trente ? Ils ont une collection fantastique, mais ils se consacrent aussi à la sculpture, à la peinture... Les films ne sont qu’une partie de leurs archives. Donc l’idée d’Anthology, c’était de faire une cinémathèque. Comme celle de Langlois. Il était le modèle de Jonas. A l’origine d’Anthology, il y avait quelque chose qui s’appelle Essential Cinema, que nous continuons à montrer. C’est un répertoire de 300 titres par 110 cinéastes.