Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

PETER WHITEHEAD
Réalisateur de Pop Concerto for film
Entretien réalisé à Paris
le 20 Janvier 2007
Par Romain BAUJARD
Merci à Elodie DUFOUR

A l’occasion de la rétrospective que vient de lui consacrer la Cinémathèque Française, Objectif-Cinéma a rencontré le génial réalisateur de Pop Concerto for film, comme il se plaisait à le mentionner dans les génériques de ses films. De films documentaires exaltés sur le swinging London des années 60 aux constats cinglants et désenchantés de The Fall, entre Cinéma Vérité et tendances expérimentales, protestation politique et réflexion sur le cinéma, ce touche à tout génial (réalisateur, romancier, éleveur de faucons...) nous fait partager sa vision du monde, de son époque et du cinéma.



« NOUS SOMMES TRES, TRES PROCHES DE L’APOCALYPSE ... »

Objectif Cinéma : Quels sont vos sentiments face à cette rétrospective, ici à la Cinémathèque Française ?

Peter Whitehead : Et bien, c’est en effet la première rétrospective en France. J’en suis très heureux. J’ai toujours voulu que mes films soient reconnus en France, dont le cinéma et la littérature, en particulier le « nouveau Roman » que je lisais dans les années 60, ont fait partie de mes grandes inspirations. Voir mes films montrés à Paris est pour moi d’un grand réconfort. En vérité, la question est de savoir pourquoi ces films intéressent tant les gens aujourd’hui. J’en suis très surpris...Ils ont été faits il y a si longtemps...(rires). Je suis donc très heureux d’avoir un si bon et si sérieux retour, en particulier sur les idées politiques. Je suis très, très heureux...


Objectif Cinéma : La projection d’hier soir fut en effet un succès...

Peter Whitehead : Oui, c’est exact... On pouvait sentir que le public pouvait saisir mes films. Les considérer pour ce qu’ils étaient...


Objectif Cinéma : L’audience de la Cinémathèque est tout de même assez réceptive...

Peter Whitehead : C’est vrai. Mais vous ne verriez jamais mes films sur les Champs Elysées ! Ils n’ont d’ailleurs jamais été destinés pour les Champs Elysées...


Objectif Cinéma : Pouvez vous me dire en quelques mots quelles sont vos origines, d’où venez vous et comment en êtes vous venu à faire des films, et l’expérience de Wholly Communion ?

Peter Whitehead : C’est une bonne question...(rires). Je suis fils unique, mon père était plombier. Je viens du milieu ouvrier et j’ai grandi à Liverpool pendant la guerre, Comme les Beatles !...(rires) Mon père a fait la guerre et est mort quelques temps après être revenu. Je ne l’ai pas connu et j’ai été élevé pendant la guerre dans un milieu très modeste. J’ai alors eu la chance de toucher une bourse du gouvernement et l’on m’envoya dans une école privée (nous fûmes très peu à obtenir ce privilège). En fait, j’étais éduqué avec les élites ! (rires) Moi qui étais issu d’un milieu ouvrier ! J’avais donc déjà une relation ambivalente en ce qui concernait ma classe sociale et mes origines, et les britanniques sont très conscients de cela. J’étais un fils de la classe ouvrière financé par le gouvernement pour devenir un gentleman anglais. Ce qui est assez amusant... Enfin, j’ai obtenu une bourse pour Cambridge, pour étudier les sciences, mais j’en eu très vite assez, et je me suis donc inscris au département théâtre la première année et j’ai écris dans le journal de l’université la seconde. J’ai enfin fait de la peinture la troisième...C’est à ce moment là que j’ai vraiment commencé à m’intéresser de plus en plus au cinéma. A l’école j’avais vu plusieurs films qui m’avaient réellement marqués.