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D.R.
PIERRE DAVANTURE
Ingénieur du son et directeur technique
Entretien réalisé le 8 mars 2007
Par François JUSTAMAND

Pierre Davanture, ingénieur du son, a commencé sa carrière au service du doublage en 1946, notamment pour la 20th Century-Fox, puis pour les sociétés SND et PM Productions. Il a gravi les échelons les uns après les autres pour terminer son parcours professionnel comme directeur technique. Rencontre avec un homme passionnant qui, en 50 ans de métier, a connu de grandes inovations techniques et travaillé avec les plus grands noms du cinéma et de la musique.



La Gazette du doublage : Comment avez-vous commencé dans le métier ?

Pierre Davanture : Après avoir interrompu mes études en raison de difficiles problèmes familiaux dus principalement aux événements de la guerre, et être passé par divers emplois - tout en "potassant" l’électricité et la radioélectricité - je me suis décidé à entrer dans le son au cinéma et donc à quitter Giverny pour Paris.

En 1946, j’ai été recommandé auprès de Raymond Lamy, chef monteur. Ce dernier, devant mon entêtement à vouloir travailler dans le son, m’a envoyé rencontrer Jacques Carrère, ingénieur du son aux Studios de Saint-Maurice et un des fondateurs de la CST (commission supérieure technique). Ce dernier m’a refusé un poste de stagiaire, même sans salaire, en me rétorquant que le syndicat des techniciens, dont il faisait partie d’ailleurs, ne voulait pas que l’on favorise l’encombrement de la profession et qu’il me fallait obtenir la carte professionnelle.

Par une relation de mon père, je suis entré en contact avec José Péreira, chef de cabine au cinéma Cinévog (rue Saint-Lazare). A cette époque, ce cinéma n’était pas "classé X" mais "permanent", enchaînant les séances de midi à minuit. Lorsque José m’a jugé apte comme projectionniste, il a proposé à l’opérateur des jours de remplacement, Jean Rouat, qui était aussi opérateur de prises de son au Studio Fox-Europa, de me présenter à Robert Bourgouin, le chef du service son de la Fox. C’est donc ainsi que le 2 septembre 1946 j’ai débuté comme projectionniste de studio et vers la fin 1947 je suis passé assistant au son (recorder).

Je dis toujours que le titre et la fonction sont deux choses très différentes suivant l’organisation de l’entreprise. Ainsi Robert Bourgouin, chef du service son, en tant qu’homme de technique avait en charge le son mais aussi l’atelier de maintenance, le chauffage, les installations électriques, etc. Jean-Marcel Bary était chef du montage et de tous les travaux (détection, calligraphie, génériques) et Jean Rouat procédait aux enregistrements de parole de doublage.

La Gazette du doublage : Comment se passaient les enregistrements à la Fox au début de votre carrière ?

Pierre Davanture : L’auditorium de Fox-Europa était d’un grand cubage (plus de 600 m3) avec une réverbération variable qui permettait de donner des couleurs au son, et avec l’utilisation de 3 micros (1 présent,1 médium et 1 long Shot), l’opérateur pouvait faire des plans.