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MY SISTER EILEEN
de Richard Quine
Par Nicolas VILLODRE

Dans le cadre du ciné-club matinal, dominical et mensuel qu’il anime au Majestic Passy, dans le quartier sinistré du 16e, Alain Riou a présenté, le 4 mars 07, le film My Sister Eileen, qu’on n’avait, dixit le vétéran de la critique ciné et le co-auteur, avec Anne, de Paris pas cher, pas vu en France depuis 30 ans.





Signé Richard Quine (qui eut la chance d’être marié à Kim Novak !) et Blake Edwards (qui épousa, lui, Julie Andrews ! et qui devint célèbre après sa série la Panthère rose), My Sister Eileen (en français : Ma sœur est du tonnerre) est un musical bourré de fantaisie et le remake d’un film de 1942 d’Alexander Hall, également produit par la Columbia. L’action se déroule à Manhattan, à Greenwich Village, que le préambule nous montre comme un pittoresque Quartier latin new-yorkais, avec des charrettes tirées par des chevaux, des artistes peintres à chaque coin de rue et des maisons à l’architecture géorgienne. En réalité, le film a été tourné en studio, à Hollywood, la poignée de plans montrant Broadway, les rues et les monuments Downtown ainsi que le port de Brooklyn, séquence faisant écho au film de la MGM On the Town (cf. http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3989), ayant été filmés par une seconde équipe avec des doublures, vues de loin ou de dos, portant tout bonnement les mêmes tenues vestimentaires que les vedettes féminines du film, Betty Garrett et Janet Leigh (cette dernière fut l’épouse de Tony Curtis avec lequel elle eut pour enfant la comédienne Jamie Lee Curtis). Le script du film tient en deux lignes : deux sœurs provinciales, originaires de Columbus dans l’Ohio, tentent le tout pour le tout pour faire carrière à New York ; l’une, l’aînée, brune au visage un peu ingrat, cherche à devenir écrivaine, l’autre, blonde mignonnette prénommée Eileen, qui charme tous les garçons sur son passage, comédienne. L’appartement, qui sera le thème d’une comédie célèbre de Billy Wilder avec Jack Lemmon et Shirley MacLaine, vaut le détour ! A la fois basement, cave où on logeait les domestiques en Angleterre, insalubre et suintante, comme il se doit, bouge bougeant du fait d’incessantes explosions dues à la construction d’une ligne de métro dans les parages, vitrine amsterdamoise ouverte à tous vents, à tous les passants, cabine ou ascenseur des Marx Brothers pouvant accueillir un équipage de marins brésiliens en goguette, c’est aussi la principale unité de lieu de la narration, un décor capable de s’élargir imperceptiblement pour les besoins de la cause.