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DVD

BUSH’S BRAIN
A DOCUMENTARY ABAOUT KARL ROVE

de Michael Paradise Shoob
et Joseph Mealey
Par Nicolas ONNO

SYNOPSIS : C’est « l’homme qui a inventé George Bush ». Karl Rove, physique « ringard », jeune homme complexé et moqué par ses pairs à l’université, développe déjà ce qui sera ses armes, l’attaque verbale, l’absence de scrupules, le recours au « tous les coups sont permis ». Et pourtant, c’est bien grâce aux conseils et à la prise en main par ce véritable stratège de la politique que George Walker Bush a gravi tous les échelons de la machine du pouvoir jusqu’à la fonction suprême, qu’il exerce « pour le meilleur et pour le pire » depuis novembre 2000. « Comment est-ce arrivé ? » Là est donc la question et ce documentaire didactique se propose d’y répondre.



Tiré du livre de James Moore et Wayne Slater, Bush’s brain (littéralement le cerveau de Bush), paru chez Wiley en 2003, ce documentaire du même nom s’inscrit parfaitement dans la vague anti-Bush qui a parfois pris des airs de croisade. L’image que les médias relaient du président des Etats-Unis, parfois à la limite de la caricature, celle d’un fieffé imbécile doublé d’un alcoolique notoire, en témoigne. L’homme par ailleurs fit preuve d’une certaine autodérision à cet égard. « Vous laissez sous-entendre que Bush est bête et avait besoin des conseils d’un manipulateur pour arriver à la Maison Blanche », s’était défendu Rove, avant parution de l’ouvrage. Le film de Shoob et Mealey reprend donc cette thèse à son compte, celle de l’influence décisive et déterminante d’un personnage de l’ombre sur le président, perçu comme un poulain qu’il a modelé et coaché, de ses débuts à son élection : « Karl Rove pense, George Bush agit », tel est le credo de ce documentaire, fort bien renseigné par ailleurs. Tant et si bien qu’on pourrait le qualifier « aujourd’hui de coprésident des Etats-Unis », renchérit James Moore, co-auteur de Bush’s Brain et journaliste politique pour CNN, NBC et CBS.


Le « pitbull »

Karl Rove est « un pitbull de la politique » : « Quand il participe à une campagne, ça fait mal. Que vous soyez ou non républicain, il mettra le paquet », insiste Wayne Slater, chef du bureau du Dallas Morning News à Austin. Dès son entrée fracassante en politique en 1973, à l’occasion de l’élection du président des collèges républicains, il affiche déjà son goût prononcé pour les pratiques illégales, sinon douteuses ou fortement contestables. « Il a volé l’élection », dit-on alors. C’est à cette occasion, où Bush père le soutient contre son propre parti, qu’il se lie avec la famille, et s’« installe » au Texas, fief des Bush.

En 1994, c’est Rove lui-même, à l’instar d’un Johan Bryuneel persuadant Lance Armstrong, autre Texan célèbre et grand ami de « W », de ses capacités à s’imposer un jour dans le Tour de France, qui pousse George Walker Bush fils à se porter candidat pour le poste de gouverneur du Texas. Alors qu’on ne lui donne aucune chance et qu’on ricane de ses difficultés d’élocution, il remporte, malgré tout, la mise. Six ans plus tard, en 2000, en faisant perdre son adversaire, le vétéran de la guerre du Vietnam John McCain, en proférant les pires horreurs sur lui et sa famille, plus qu’il ne le gagne, les primaires du camp républicain lui échoient.