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A contrario d’un Fahrenheit 9/11, le film de Schoob et Mealey s’apparente plus, dans son procédé formel, à l’excellent Monde selon Bush de William Karel, qui mettait en perspective les liens de la famille Bush avec les magnats du pétrole saoudiens. Même principe : confrontation des points de vue et multiplicité des interlocuteurs. Jusqu’à Karl Rove himself qui, interrogé par les cinéastes, a préféré dédaigner de répondre, se définissant comme un simple « exécutant ».


Coups tordus

Bref, Bush’s Brain questionne donc un autre aspect de la politique très contestée du 43e président de la première puissance mondiale, à savoir, justement, d’où tire-t-elle son origine. De son mentor ? Jusqu’aux mensonges quant à la présence d’armes de destruction massive sur le territoire irakien, qui lui auraient été soufflés par Rove lui-même. Pénétrer les arcanes et rouages de la machine politique, l’exercice est toujours périlleux. Pour autant, de coups tordus en tout genre, mensonges, campagnes de dénigrement en discrédit de l’adversaire, Karl Rove paraît plus ici un fidèle adepte de l’adage « La fin justifie les moyens » qu’un véritable stratège au sens propre. Il est dommage par exemple que la campagne qui a mené George Walker Bush à la présidence des Etats-Unis, où un recomptage des voix quelque peu étrange lui offrit l’Etat de Floride - et donc l’élection à la tête du pays - au détriment de son rival démocrate, Al Gore, soit grandement passée sous silence. Un éclairage aurait été bienvenu.

Dans Une Vérité qui dérange justement, sorti cet automne, où il exprime quant au réchauffement climatique, le « futur ex-président des Etats-Unis  » Al Gore exprime ses doutes quant à une stratégie qui préfère débloquer des sommes astronomiques dans la guerre en Irak alors que, proportionnellement, les fonds attribués à la recherche et aux moyens de lutter contre le réchauffement climatique sont infiniment moins importantes. Outre la question de la prédominance de tel ou tel enjeu, d’après une étude récente réalisée notamment par le Prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz, le coût total du conflit pourrait dépasser les 2000 milliards de dollars, un coût qui aurait donc été largement sous-évalué par la Maison Blanche. La politique de l’administration Bush quant au conflit irakien constitue en effet la pièce maîtresse du débat.


Anti-Bush

Sean Penn ou George Clooney, via sa société de production, Participant [1] qui jouerait presque le rôle de « contre-pouvoir », ne furent pas les moindres des grands noms parmi les intellectuels, les acteurs, les journalistes... à prendre position et à s’engager concrètement, politiquement et médiatiquement. A l’heure où le nombre de GI tués en Irak a franchi un seuil symbolique - au 26 décembre 2006, on comptait 2974 victimes [2] depuis le début de la guerre, un total qui dépasse désormais celui des victimes du 11 sept. -, rarement politique fut si dénoncée, critiquée. De la légitimité de la « guerre contre le terrorisme et contre le Mal », prônée à grands élans de patriotisme au lendemain des attaques contre le World Trade Center et le Pentagone, nous sommes passés à un retournement dans l’opinion si bien que d’après un sondage réalisé dernièrement par Ipsos pour le compte d’Associated Press, pas moins de 70 % d’Américains en viennent à rejeter la stratégie de leur gouvernement et refusent que des troupes supplémentaires soient envoyés en Irak.