Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 




Par le prisme de cette mini analyse de ce « Manifeste », une approche serait à développer en ce qui concerne la question polémique de la représentation au cinéma. Sojcher lui préfère la question économique et culturelle. À tord, c’est sous-estimer la véritable éthique (a)morale de la bête noire du cinéaste, c’est-à-dire la censure (son rôle et son statut). Du caractère physique de la pellicule à l’inconscient du spectateur qui s’y voit moulé : « La première chose, c’est jamais plier devant la censure. Discuter, mais jamais quand vous avez cru qu’il était nécessaire de montrer quelque chose. Si vous êtes un homme, vous le montrez. Et si vous n’êtes pas un homme, vous n’êtes pas un cinéaste. Vous n’êtes pas un cinéaste capable de dire quoi que ce soit parce qu’il y a aussi la nécessité de participer en tant que citoyen à la vie d’un pays ». (René Vautier dans Algérie Tours Détours d’Oriane Brun-Moschetti et Leila Morouche, 2006) !

« Ce qui importe n’est pas ce que nous apportons, mais ce que nous mettons à mort » (Karl Kraus, Aphorismes).

Au-delà des litiges si bien décrits par l’auteur entre le réalisateur et son équipe ou du scénariste au producteur, par exemple, il ne faut pas oublier que le véritable combat du cinéaste n’est pas vraiment là, au fond, mais plutôt dans son rapport au monde qu’il doit partager avec une communauté quelle qu’elle soit. Et que ce combat est absurde, mais existentiel et nutritif d’une certaine mesure. En d’autres mots, pour me contredire, terminons par une citation d’un grand nom, Godard :

« La plupart des gens ont le courage de vivre leur vie ; très peu ont le courage de la représenter » (Jean-Luc Godard, Magazine télévisé Droit d’auteurs du 6 décembre 1998 sur la 5è).

Le combat du cinéaste est vain, mais c’est dans cette caractéristique dérisoire que réside toute la beauté éphémère du cinéma ! Et l’ambition secrète du cinéaste, voire même son idéal, regarder le monde depuis les yeux d’un autre en se dédoublant grâce aux points de vue de sa caméra qui se décline selon des récits multiples, selon des scénarii probables ou improbables avant qu’ils ne soit projetés et ingurgités par le spectateur :
« Tout offrir c’est jaillir de toi. » (René Char, Le nu perdu, Dans la pluie giboyeuse, SORTIE)






Titre : Manifeste du cinéaste
Auteur : Frédéric Sojcher
Préface : Michael Lonsdale
Editeur : Éditions du Rocher
Collection : « Esprit libre »
Parution : le 18 mai 2006

Acheter ce livre ou DVD sur le site : Fnac
Acheter ce livre ou DVD sur le site : PriceMinister
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Amazon
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Librairie Lis-Voir