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AFTER THE WEDDING
de Susanne Bier
Par Marion KLOTZ

SYNOPSIS : Jacob Petersen a voué sa vie à la construction d’un orphelinat en Inde. Mais l’établissement est menacé de fermeture. Un donateur, Jorgen, lui demande alors de rentrer au Danemark pour effectuer la transaction financière. Arrivé sur place, Jorgen l’invite au mariage de sa fille qui a lieu le lendemain. Lors de la cérémonie, Jacob comprend que sa présence n’est pas sans raison...



After the Wedding, c’est d’abord une histoire, une fable, un drame, ... Qu’ont l’appelle comme on voudra, After the Wedding est bien l’archétype de quelque chose comme ça.

Appelé par son Danemark natal et la « générosité » d’un homme d’affaire fortuné, Jacob doit s’absenter un temps de l’orphelinat dont il se charge. C’est un patriarche, le père d’une multitude qui est forcé de quitter l’Inde, berceau d’une civilisation, pour retourner au pays abandonné des années auparavant. Tour à tour Fils Prodigue et Martin Guerre, Jacob y retrouve femme et fille à marier dont l’existence était -dirons-nous- voilée par celle de tous ces autres enfants qui lui donne des allures de père mythique et un brin biblique... En attendant la cérémonie, le début d’After the Wedding nous offre justement son lot de cérémonial et porte un regard brut sur ce que peut être le rituel :un montage très cut subjectif et presque subliminal de Jacob qui éduque, nourri et aime tous ces enfants qui ne sont pourtant pas de son sang. Puis enfin, Jacob, malgré intégrité et méfiance de chef de clan, se trouve au cœur d’une suite d’événements qui l’arrachent violemment à ses attaches en Inde, terre d’accueil mais rivale de la patrie danoise. On revient toujours d’où on est parti, volontairement ou non. Jacob est donc littéralement extirpé de la fable, du beau mythe pour plonger dans la fiction et la réalité de sa vie de personnage de cinéma dont il ne veut pas. C’est cette vie que lui offre pourtant son double et antidote, Jorgend, l’autre chef de cette famille à laquelle Jacob sera mêlé malgré lui, et qu’à cause d’un secret - qu’il convient de ne pas totalement révéler - il devra bien adopter.

Talent, coup de chance où fabulation de ma part ? Toujours est-il qu’en quelques plans, deux paysages et pas plus de personnages, la réalisatrice Susanne Bier explore tous les possibles que peut nous offrir un récit. Et de l’ « histoire » comme de la « fable », elle ne garde que les figures les plus extrêmes. Elle prend le parti d’enjeux dramatiques graves, pathétiques et Tragique au sens le plus radical du terme. En effet, après avoir présenté Jacob au centre d’une vie qui fourmille, la réalisatrice évoque à travers Jorgend l’autre versant de la paternité en évoquant tout simplement la mort, le sacrifice ; le tout embrigadé par les excès tant visuels que dramatiques qu’autorise la mise en scène du fameux rituel, de la célébration, du mariage.