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FLORENT MARCIE,
WAEL NOUREDDINE
ET MOHAMMED BENSOUDA

Dialogue lors du ciné-club Objectif Cinéma
du 21 mars 2007
Retranscription
par Olivier HADOUCHI de l’association Les Trois Lumières

Retranscription du débat entre Florent Marcie, Waël Noureddine et Mohammed Bensouda et les spectateurs du Studio des Ursuline, suite à la projection des films Le kiosque et le guerre, July trip et La Vitrine lors du ciné-club Objectif Cinéma et Les trois lumières.



Question d’un spectateur pour Waël (Noureddine) : Pourquoi au Liban et Beyrouth, tu ne filmes jamais des témoignages des gens, ne fais pas des interviews ?

Waël (Noureddine) : Des interviews ? Je pense que mon point de vue de cinéaste refuse les interviews. Peut-être que j’ai tort. Des interviews, on peut en écouter à la radio. Il faut laisser s’exprimer les images. J’avais beaucoup de matière pour des interviews, après j’ai décidé de les retirer au montage. Cela ne sert rien à d’écouter quelqu’un qui parle, qui dit quelque chose lorsque les images peuvent aussi dire quelque chose. Et puis, les interviews à la radio, pourquoi pas, mais dans un film, je n’aime pas en fait.


Un spectateur : Mais on a une interview dans ton film.

Waël : Oui. Mais ce n’est pas vraiment une interview. On pense que ça va en être une, qu’il y aura un jeu de questions/ réponses. Mais, à propos de cette personne, par exemple, j’avais quatre heures d’entretien avec elle. Ensuite, au montage, j’ai coupé, coupé. Il raconte comment sa mère est morte, mais comme je n’avais pas d’images, j’ai retiré tout ça. Après, on voit d’autres morts. Ce n’est pas sa mère, mais la situation est la même, c’est le même sort. Une interview, déjà c’est un trépied, un champ/ contre-champ, un micro-cravate, après je pense que ça devient artificiel : poser une question, attendre la réponse. C’est un point de vue personnel peut-être. Je suis contre l’esthétique « interview », pour le moment.


Bidhan Jacobs (Les Trois Lumières) : L’interview, c’est d’ailleurs un dispositif purement journalistique. Un entretien filmé, comme tu le dis, en champ/ contre-champ.

Waël : Exactement. C’est parce que c’est un dispositif journalistique. Moi, je peux les filmer en train de faire une interview. Mais je ne veux pas en faire une, ni faire leur boulot. Là-bas (au Liban), je pensais que mon boulot, c’était de faire du cinéma. Les journalistes que j’ai vus m’ont énervé. Ils posaient la même question 100 fois, et finalement ils gardaient la réponse qu’ils cherchaient depuis le début. Chaque chaîne a aussi ses consommateurs, elle a besoin d’un discours qui corresponde aux attentes.