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JOHANNA VAUDE
De l’Etna à la cinéphilie expérimentale
Entretien réalisé
en mars 2007
Par Cédric LEPINE

Johanna Vaude vit et travaille à Paris. Elle étudie les arts plastiques à l’université (1994-97) où elle commence à réaliser ses propres films. Le cinéma expérimental lui offre toute liberté d’expression pour traduire, par l’hybridation plastique, ses voyages et expériences sensoriels. Les créations de la cinéaste sont saluées, ses films sont projetés en Europe, en Asie et en Amérique du Nord et des rétrospectives lui sont consacrées à la Cinémathèque française, le festival Côté Court de Pantin, Pesaro Film Festival en Italie, MK2 Beaubourg, Traverse Vidéo, Festival des Cinémas Différents... En 2005, le magazine Court-Circuit réalise un portrait de l’artiste pour la chaîne Arte.

Johanna Vaude approfondit sa réflexion plastique et esthétique en consacrant un mémoire sur Les pratiques et les enjeux de l’hybridation plastique dans le cinéma expérimental contemporain [DEA/Master (2004-05)]. En 2006, Nicole Brenez, responsable des séances d’avant-garde à la Cinémathèque Française, lui donne une carte blanche pour des programmations avec pour intitulé : Hybridation : Le cinéma expérimental et les nouvelles technologies selon Johanna Vaude sur le thème de sa recherche : “ Greffe, fusion, hérédité ” (du 1er septembre au 20 octobre 2006).

Passionnée par toutes les formes d’expressions artistiques, pratiquant elle-même la musique, le dessin, la photo, la poésie, Johanna Vaude ouvre maintenant de nouvelles voies à ses créations, notamment en collaboration avec des artistes provenant d’univers différents.



Objectif Cinéma : Après avoir fait votre connaissance à L’Etna, j’aimerais connaître comment vous êtes venue à passer par cette association.

Johanna Vaude : J’ai fait des études d’arts plastiques avec cinéma expérimental en option. Durant ma troisième année de licence j’ai projeté mon film Bim Bam Scratch Pfuiiiiii....... au cours de Deke Dusimbere auquel Sébastien Ronceray a assisté. Suite à la vision de ce film, il m’a contacté pour me proposer de participer à la création d’une association de cinéma expérimental. À l’époque l’association s’appelait le Cinéma visuel avant la séparation en deux association : L’Etna et Braquage. J’ai fait ainsi la connaissance d’Élodie Imbeau, Hugo Verlinde et Chloé Donati. Nous sommes partis sur l’idée de monter des ateliers et d’ouvrir le cinéma expérimental aux personnes intéressées. Nous étions tous passionnés. Mon rôle était d’animer des ateliers de peinture sur pellicule. Nous voulions aussi projeter les classiques du cinéma expérimental à la faculté de Censier. Mais pour notre première projection, nous n’avions pas assez d’argent pour louer les films chez un distributeur. Nous avons donc décidé de projeter nos propres films. J’ai réalisé spécialement pour cette séance un nouveau film : L’Œil sauvage. Personne ne l’avait encore vu. C’était donc le premier film que je faisais en dehors de la faculté. Par hasard, Nicole Brenez, que je ne connaissais pas du tout, se trouvait à cette projection. C’est ainsi que L’Œil sauvage a été pour la première fois projeté à la Cinémathèque française en 1998. Ensuite, tout a fait boule-de-neige. Dans l’association, il y a finalement eu une séparation entre Braquage et l’Etna. En 1999 nous avions trouvé un local pour l’association qui s’est scindée en deux et je suis partie à ce moment pour continuer à faire mes films.