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CHRONIQUE
NEW YORKAISE #3

La New York Public Library
Par Muriel DREYFUS

L’un des grands bonheurs de la vie à New York quand on est cinéphile, passionné de cinéma américain, et aussi amoureux des livres, c’est la New York Public Library.



Quand je reste quelque temps dans une ville, je regarde toujours les films qui passent dans le cinéma le plus proche et où se trouve la bibliothèque.

Dans mon quartier, il y a bien un cinéma, Le Coliseum, vraiment à deux pas. Mais à part les films d’horreur (genre Saw), les films d’action très populaires (le dernier Stalone), les comédies ou les films pour enfants, je n’y trouve pas trop le cinéma qui m’intéresse. Si, une après-midi, j’ai pu voir Little Miss Sunshine, le film indépendant phénomène de l’année, qui s’est retrouvé dans la course aux Oscars. Nous étions deux dans la salle.

Par contre, et c’est ce qui est formidable avec la bibliothèque de New York, c’est qu’elle est accessible à tous, quel que soit l’endroit où l’on habite. Une fois inscrit, il est possible en effet depuis son ordinateur de consulter la collection entière, indépendamment de la branche où se trouve un document en particulier. Et je peux réserver le document que je souhaite et demander à ce qu’il soit amené à ma bibliothèque de quartier. Je serai prévenue par mail quand le document sera disponible pour que je vienne le chercher.

Je n’ai donc pas besoin d’habiter à proximité de La Donnell Library, la bibliothèque centrale pour le film et la vidéo à New York, pour en profiter. Je n’ai pas à m’y rendre physiquement, sauf pour certains documents réservés. Elizabeth McMahon, la responsable du Centre Média à La Donnell Library, m’a appris que ce système en réseau existe depuis plus d’un siècle. Et ce n’est que depuis le milieu des années 1990 que la bibliothèque de New York gère toutes ces réservations par internet. Avant, tout se faisait à la main (voir interview).

J’attends depuis des semaines le dernier film de Hou Hsiao-Hsien, Three Times, mais je peux suivre sur mon compte ma progression dans la liste d’attente. Et c’est toujours un plaisir délicieux de se demander et de découvrir quel film ou quel livre arrivera en premier. J’aime cette part d’imprévu.

De toutes mes découvertes, les deux plus extraordinaires furent les autobiographies de Samuel Fuller et Errol Flynn.

A Third Face, les mémoires du réalisateur de Forty Guns, est un ouvrage formidable, un véritable récit d’aventures, truculent, passionnant, bouleversant quand Fuller se replonge dans la seconde guerre mondiale. A mes yeux, c’est l’une de ses grandes œuvres, plus importante que certains de ses films, que j’ai voulu revoir et qui pour certains m’ont semblé vieillis, outrés. Je trouve Shock Corridor ou The Naked Kiss difficilement regardables aujourd’hui. En tout cas, ce fut pour moi une importante lecture et c’est formidable de pouvoir se faire ensuite chez soi son festival Fuller.